Après plus de quinze jours de blocage à l’entrée sud du tunnel de Foix, les agriculteurs ont levé leur campement. Le tunnel de Foix a rouvert à la circulation.
Après plus d’un mois de mobilisation et près de quinze jours de blocage à l’entrée sud du tunnel de Foix, les agriculteurs ont levé leur campement. Une décision qui, selon Sébastien Durand, président de la Coordination rurale de l’Ariège, “ne marque pas pour autant la fin du mouvement”.
Ce lundi matin, devant l’entrée du tunnel de Foix, une quarantaine d’agriculteurs s’affairaient au démontage du chapiteau, à l’évacuation des bottes de paille et au démantèlement du campement qui, durant plus de quinze jours, a été le point de ralliement de la contestation. Un lieu qui aura vu défiler des centaines de soutiens, tous horizons confondus : professionnels de la filière agricole, acteurs du BTP, chauffeurs de taxi, routiers, mais aussi simples citoyens venus apporter leur appui aux “bonnets jaunes”.

“Il faut savoir économiser les gars”
“Le combat continue. On va surtout essayer de se reposer un peu : on est tous très fatigués, mais on n’abandonne pas”, confie Justine, éleveuse à Labastide-de-Lordat, tout en s’affairant au rangement du site.
En effet, malgré une colère toujours vive contre l’accord UE-Mercosur et le protocole lié à la dermatose nodulaire contagieuse (DNC), la Coordination rurale de l’Ariège a décidé de lever le blocage du tunnel de Foix : “Nous levons le blocage parce qu’il faut désormais mettre la pression autrement. On est sur un mouvement qui s’inscrit dans la durée, il faut savoir économiser les gars”, explique le président de la CR09.

Interrogations sur la destination des enveloppes financières
Les représentants agricoles entendent désormais rencontrer plusieurs acteurs économiques jugés stratégiques pour le secteur. “Il faut changer de méthode pour éviter l’essoufflement. Nos exploitations ont pris beaucoup de retard, mais la mobilisation continue, sous une autre forme. Nous restons déterminés. Ce n’est pas un retour au silence”, assure Sébastien Durand.
Si les modalités de l’action évoluent, les revendications, elles, demeurent inchangées. La profession dit attendre des réponses concrètes, mais surtout des perspectives à moyen et long terme. “Avec madame Genevard, c’est vraiment très compliqué. Il y a des avancées, on ne va pas le nier, mais elles s’inscrivent dans le très court terme, avec des enveloppes dont on ne sait pas comment elles seront réparties ni dans quelles filières. Et il n’y a toujours pas de vision claire pour l’agriculture en France”, déplore-t-il.
Vigilance sur la DNC
Enfin, le président de la Coordination rurale assure que la profession reste mobilisée sur plusieurs fronts, notamment sur le protocole sanitaire lié à la dermatose nodulaire contagieuse (DNC), mais aussi sur la question des revenus agricoles en Ariège. “En trésorerie, nous avons les revenus agricoles les plus bas de France. Il faut se battre pour retrouver du revenu, et pour cela, il nous faut une véritable vision de l’agriculture”, martèle Sébastien Durand.
Concernant la DNC, la détermination reste intacte. “Il y a déjà une avancée : les autorités étudient le protocole que nous avons proposé. Mais s’il y a un nouveau cas en Ariège et que l’éleveur concerné refuse l’abattage, nous ne laisserons pas faire”, prévient-il. Une action régionale est par ailleurs prévue ce mercredi à Toulouse, à laquelle les agriculteurs ariégeois ont annoncé leur participation.

