Le chef de la diplomatie iranienne affirme, ce dimanche 8 février, que son pays ne renoncera pas à l’enrichissement d’uranium, y compris en cas de “guerre” avec les États-Unis.
Deux jours après une première session de pourparlers entre l’Iran et les États-Unis au sultanat d’Oman, Téhéran annonce, ce dimanche 8 février, que l’Iran ne renoncera pas à l’enrichissement d’uranium de son programme nucléaire civil, “même si une guerre nous est imposée”, affirme le chef de la diplomatie Abbas Araghchi.
“L’Iran a payé un prix très lourd pour son programme nucléaire pacifique et pour l’enrichissement d’uranium”, a expliqué Abbas Araghchi au cours d’un forum à Téhéran. “Pourquoi insistons-nous autant sur l’enrichissement d’uranium et nous refusons d’y renoncer même si une guerre nous est imposée ? Parce que personne n’a le droit de dicter notre conduite”.
À l’issue des pourparlers menés à Oman, Donald Trump s’était montré optimiste. “Nous avons […] eu de très bonnes discussions sur l’Iran. L’Iran semble vouloir absolument conclure un accord”, avait-il déclaré vendredi à des journalistes à bord de son avion Air Force One. Une nouvelle rencontre est prévue dans les jours à venir.
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“Il s’agit d’un enjeu de défense”
Le ministre iranien des Affaires étrangères Abbas Araghchi a dit lors d’un entretien avec la chaîne Al-Jazira : “Nous sommes prêts à un accord rassurant au sujet de l’enrichissement “. Mais il a prévenu que le programme balistique de son pays ne pourrait “jamais être négocié” avec les États-Unis : “La question des missiles ne pourra jamais être négociée, car il s’agit d’un enjeu de défense”.
Une armada militaire dans le Golfe
Donald Trump a déployé récemment une importante force navale américaine dans le Golfe et multiplie les menaces d’intervention militaire, en réponse à la répression sanglante – près de 7000 morts et 51 000 arrestations – du pouvoir iranien contre le mouvement de contestation populaire en janvier, et en raison du programme nucléaire iranien. Les Etats-Unis exigent un accord incluant la limitation des capacités balistiques du pays et l’arrêt de son soutien à des groupes armés hostiles à Israël. Les pays occidentaux et Israël accusent l’Iran de chercher à se doter de l’arme nucléaire, ce que Téhéran dément.
Le déploiement militaire américain dans le Golfe “ne nous effraie pas”, a encore ajouté le chef de la diplomatie iranienne. “Nous sommes un peuple de diplomatie, nous sommes aussi un peuple de guerre mais cela ne signifie pas que nous recherchons la guerre”. En cas d’attaque, l’Iran a averti qu’il viserait les bases américaines dans la région, et pourrait bloquer le détroit d’Ormuz.

