February 3, 2026

Chirurgien à Castres, il est inculpé du meurtre de sa conjointe 16 ans après sa disparition en Espagne : le mystère de Colungo relancé

l’essentiel
INFO LA DEPECHE. Un chirurgien domicilié à Castres (81), a été inculpé par la justice belge pour le meurtre de sa conjointe, Françoise Dasnois, 48 ans, disparue en Espagne, en juillet 2009. Son corps n’a jamais été retrouvé. Plus de 16 ans après, Hugues L, qui vit toujours dans le Tarn, se dit innocent.

Le passé douloureux d’une escapade de juillet 2009, en Espagne, vient de refaire surface avec fracas. Un véritable coup de tonnerre dans la paisible vie d’Hugues L, chirurgien viscéral de 61 ans, domicilié à Castres et dont la vie vient à nouveau de basculer dans l’incompréhension la plus totale.

Le 21 novembre dernier, la justice belge, au terme d’un interrogatoire dans le bureau d’un magistrat, à Namur, l’a inculpé pour le meurtre de sa conjointe, Françoise Dasnois, une infirmière belge de 48 ans, dont le corps est introuvable. Ce n’est que la semaine dernière, le 27 janvier, que le parquet de Namur a officiellement communiqué sur ce rebondissement judiciaire, plus de 16 ans après les faits.

Depuis novembre dernier, Hugues L, laissé libre “sous conditions”, précise la justice belge, est soumis à un contrôle judiciaire qui lui interdit de quitter l’espace Schengen et la France. Il est également dans l’obligation de répondre aux convocations des juges. Ce qu’il a toujours fait depuis le début de cette affaire. “Depuis 2009, ces déclarations n’ont pas changé, il n’a rien à se reprocher, commente, pour son client, Me Joël-Pierre Bayer, l’avocat belge du chirurgien castrais. Il est une victime de cette disparition tout comme ses deux enfants qui le soutiennent et sont solidaires.”

Un homme calme et serein

Serein, calme et décrit comme un homme loyal et à l’écoute, Hugues L, originaire de Neuilly-sur-Seine, a longtemps travaillé au sein de la clinique du Sidobre, à Castres, avant de quitter les blocs opératoires, en décembre dernier. Il est aujourd’hui médecin référent pour la sécurité sociale, dans le Tarn. S’il n’opère plus, il reste toujours actif pour le compte du service public. Et toujours dans l’attente de l’évolution de l’enquête belge sur la disparition de Françoise Dasnois. Une affaire désormais entre les mains de la police judiciaire fédérale de Namur (PJF).

Pour ce praticien sans histoire qui a toujours rêvé de s’installer dans le Sud-Ouest de la France, tout commence le 12 juillet 2009.

Ce jour-là, Hugues et Françoise sont en vacances en Espagne, du côté de Huesca, à Colungo, avec leurs deux enfants adolescents. Lors de cette excursion pédestre sous la chaleur, Françoise décide de faire demi-tour. Elle ne se sent pas bien et selon les déclarations d’Hugues, ils devaient se retrouver un peu plus tard sur le chemin du retour, comme l’avait déjà relaté le site d’infos belge Sudinfo. Le temps pour Hugues et les enfants d’admirer le site et le magnifique panorama dans les Pyrénées espagnoles.

Mais sur le retour, aucune trace de Françoise. Dans le logement de location, le sac à main, le portefeuille et le téléphone de la disparue n’ont pas bougé. Hugues alerte le guide espagnol qui parle aussi français. C’est le début d’une très longue intrigue et de 16 ans de procédure judiciaire digne d’un vrai polar. Car ni l’enquête espagnole, ni l’enquête belge n’ont permis de lever le mystère sur la disparition de cette mère de famille.

ADN dans la base de données

Faute d’éléments, le dossier est même classé. En 2012, la chambre du conseil, en Belgique, décide de dessaisir le juge d’instruction “faute d’éléments nouveaux”. Le dossier retourne à l’information auprès du Parquet de Namur. Comme le stipule la procédure belge, “dans tous les dossiers de disparition inquiétante, les enquêtes pénales demeurent ouvertes tant que la personne disparue n’a pas été retrouvée”.

Premier rebondissement, en 2022. L’enquête sur la disparition de Françoise Dasnois est relancée suite aux modifications législatives, à l’initiative de la police judiciaire fédérale, sous la conduite du parquet. “La nouvelle loi ADN a permis de comparer l’ADN des apparentés de la disparue (enfants et sœur) avec la banque de données ADN”, précise le parquet de Namur. Le profil génétique de la disparue est donc introduit dans les banques de données d’ADN. Il peut être désormais comparé avec des éléments retrouvés, ossements ou dépouille.

Ce tournant scientifique aboutit à un second rebondissement, en avril 2025. Ainsi, à la demande du parquet, “plusieurs devoirs d’enquête” ont été réalisés, notamment des demandes d’enquêtes européennes (l’une en Espagne et l’autre en France), ainsi que des auditions. Selon le parquet de Namur, “ces demandes d’enquête ont permis d’obtenir de nouvelles informations”. Sans que l’on sache précisément lesquelles.

Le dossier a donc été remis à l’instruction le 7 avril 2025. “Celle-ci est actuellement en cours”, assure la justice belge.

Mi-février le parquet de Namur doit décider de prolonger, ou pas, le contrôle judiciaire qui pèse sur Hugues L, alors que les investigations se poursuivent. Un homme à l’apparence tranquille, supporter du Castres Olympique et qui reste à la disposition de la justice belge. “Depuis 16 ans, mes déclarations n’ont pas changé”, nous a-t-il confiés, sans en dire plus sur une affaire qui n’a peut-être pas livré tous ses mystères.

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