Donald et Melania Trump à la première de «Melania», le documentaire sur la première dame des Etats-Unis, le 29 janvier au Trump-Kennedy Center, à Washington. DIMITRIOS KAMBOURIS/GETTY IMAGES VIA AFP
C’était le D-Day pour la première dame des Etats-Unis avec la sortie vendredi 30 janvier de son documentaire à 40 millions de dollars, projeté dans plus de 1 500 salles de cinéma à travers le pays. Déjouant les prévisions, le film « Melania » a récolté 20 millions de dollars lors de ce premier week-end d’exploitation, selon les estimations du cabinet spécialisé Exhibitor Relations, se classant deuxième au box-office derrière un film d’horreur, « Send Help ». Mais dans le même temps, le documentaire « intime » et « exclusif » sur ses préparatifs en vue de l’investiture de son mari Donald Trump en janvier 2025 s’est fait rudoyer par les critiques des grands journaux.
De quoi « faire rougir la Corée du Nord »
Cette « démonstration de propagande » a de quoi « faire rougir la Corée du Nord », écrit « The Hollywood Reporter ». Tandis que « The Atlantic » étrille Brett Ratner, le réalisateur du documentaire : «[Il] semble désespérément chercher de l’action alors qu’il n’y en a pas […] Sa caméra suit la première dame comme un chien de salon. » Pour « The Daily Beast », le résultat est « une abomination ». « Deux heures de pur enfer », renchérit « The Guardian ».
Evidemment, la chaîne pro-Trump Fox News, elle, en raffole et cloue au pilori ceux qui taxent l’opération « Melania » de « pot-de-vin ». Après avoir mis 40 millions de dollars pour distribuer le film (quand Disney en proposait 14 millions), Amazon Studios et son patron Jeff Bezos auraient en effet ajouté au pot 35 millions pour en assurer la promotion, selon le média Puck. A l’évidence, le projet est un investissement politique plus qu’une affaire cinématographique à visée lucrative. Porté par la sphère MAGA, le film tiendra-t-il sur la durée ? A voir… Dans la foulée, il sera diffusé sur Prime Video.
La veille de la sortie en salles, les reporters du « New York Times », du « Washington Post », de l’agence AP, du magazine « Vanity Fair », et une douzaine d’autres s’étaient vu refuser l’accès à la première qui a eu lieu au Trump-Kennedy Center, dans la capitale américaine. Tandis que les dignitaires de l’administration Trump foulaient le tapis pour entrer, l’un d’eux leur a lancé un sonore « bâtards ! ». Le documentaire est sorti dans quelques pays anglophones. Non sans péripétie. Ainsi, l’Afrique du Sud l’a déprogrammé en raison « du climat » des relations avec Washington. Il n’a jamais été question de sortie cinéma pour la France, sans doute perçue comme trop critique.

