Le colosse de 27 ans a passé toute son enfance en Australie. Il l’affrontait pour la première fois ce samedi 22 novembre, avec le maillot bleu, et a aidé le XV de France à s’imposer 48-33 au Stade de France. Un match qu’il ne voulait pas rendre si spécial.
Il avait prévenu. Pour lui, cette rencontre ne serait pas si étrange que ça, malgré tout ce que les observateurs souhaitaient lui faire dire. Pourquoi ? Parce qu’Emmanuel Meafou vit en France depuis sept ans désormais (2018), que sa vie est à Toulouse, et qu’il se sent parfaitement français. Qu’importe s’il a passé toute son enfance en Australie. Qu’importe s’il connaît par cœur les deux hymnes nationaux qui ont retenti ce samedi 22 novembre dans la fraîcheur du Stade de France.
Son frère et sa sœur au soutien
Emmanuel Meafou affirme que ce match serait “un gros match vu l’adversaire, mais pas plus que les gros matchs qu’on joue avec le maillot bleu”. Enfin, presque.
“C’est que ce sera un match spécial, mais c’est surtout parce qu’il y aura ma famille qui vient d’Australie en tribune, et qu’ils ne m’ont jamais vu jouer avec l’équipe de France”, expliquait-il il y a quelques semaines. En effet, ce samedi dans les gradins frigorifiés de l’enceinte de Saint-Denis, Meafou pouvait compter sur le soutien de son frère et sa sœur, qui vivent tous les deux à Brisbane, mais qui étaient ce samedi soir au soutien de leur frangin.
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Et si le colosse de 2,03 m affirmait que ce ne serait pas si spécial, il a tout de même montré énormément d’envie. C’est lui qui a d’abord montré la voie, grattant le premier ballon de l’équipe de France, juste après que les Bleus ont encaissé le premier essai de la partie (4). De quoi lui donner des idées. Car si d’habitude il n’est pas un spécialiste du contest dans les rucks, on l’a ensuite vu mettre les mains dès qu’il le pouvait sans être forcément récompensé par l’arbitre. Il a même été plusieurs fois pénalisé en première période.
Trois défenseurs sur lui à chaque fois
On l’a ensuite vu dans un registre qui lui ressemble plus : la percussion. Et il n’a fait aucun cadeau à ses compatriotes australiens en y allant de bon cœur, gagnant à chaque fois de précieux mètres (5). C’est d’ailleurs à la suite de sa charge qui, comme à chaque fois ce samedi, a mobilisé trois Wallabies pour le stopper, que Louis Bielle-Biarrey a ensuite inscrit le troisième essai des Bleus (30). À nouveau au grattage en seconde (61) puis grand acteur du ballon porté conclu par Julien Marchand (64), c’est sous les premiers flocons de neige qu’Emmanuel Meafou a ensuite enfilé la doudoune longue et laissé sa place à Taofifenua (66).
En dedans lors du match face à l’Afrique du Sud, absent face aux Fidji (malade), le joueur du Stade Toulousain avait à cœur de redresser la barre pour conclure cette tournée automnale, d’autant plus face à l’Australie qu’il affrontait pour la première fois de sa carrière. Et si tout ne fut pas parfait, notamment au niveau discipline, le colosse n’aura pas déçu sur ses fondamentaux.

