January 30, 2026

Vols de camping-cars et d’outillage pour un préjudice d’un million d’euros : trois à huit ans de prison ferme pour les malfaiteurs

l’essentiel
Les hommes appartenant à une communauté serbo-croate, jugés devant le tribunal judiciaire d’Agen pour une série de vols colossale dans une dizaine de départements, ont été reconnus coupables des faits reprochés.

Après un retour laborieux sur les multiples épisodes de vols recensés, un exposé détaillé du déroulé des investigations, il appartenait au ministère public, ce jeudi 29 janvier, d’énumérer les sanctions qu’il estimait devoir être infligées aux hommes dans le box. Âgés de 21 à 56 ans, neuf individus appartenant à la communauté serbo-croate, étaient jugés depuis le 28 janvier devant le tribunal judiciaire d’Agen pour avoir dérobé, par effraction, du matériel d’outillage dans des enseignes spécialisées de l’ouest de la France, dont le Lot-et-Garonne.

Une affaire à l’intrigue à peine croyable : ces hommes partaient en expédition durant plusieurs jours, se déplaçant en petits groupes avec des camping-cars qu’ils avaient préalablement volés. 59 véhicules dérobés au total, une dizaine de départements visités et un préjudice estimé à plus d’un million d’euros pour 107 méfaits commis. Trois d’entre eux se sont volatilisés au cours de l’instruction et font désormais l’objet d’un mandat d’arrêt.

“C’est une équipe de professionnels”

L’épicentre des débats de ce jeudi : la participation à une association de malfaiteurs en vue de la préparation d’un délit puni de 10 ans. Retenue contre chaque mis en cause, l’infraction fait enfler jusqu’à 20 ans le quantum de la peine encourue, dès lors que ce dernier est en état de récidive.

Et l’accusation s’est entêtée à la caractériser, en démontrant que ces virées délictueuses faisaient l’objet, en amont, d’une organisation minutieuse commandée par les deux prévenus désignés comme étant les “patriarches”.

“Chaque séjour commence par des repérages. C’est une équipe de professionnels. Il n’y a aucun fait sur lequel ils s’éternisent. Ils ont besoin d’un outil, il est prêt. D’une voiture bélier, elle est prête. Tout est millimétré. Ces vols, c’est la reproduction d’un savoir-faire, une transmission familiale. Tout le monde a connaissance de l’existence de ces délits et profite de ce qu’ils rapportent. C’est un mode de vie familial, hors la loi”, a déclaré le représentant du ministère public.

Association de malfaiteurs contestée

Les avocats de la défense – maîtres Victor Casellas, Jean-François Renaudie, Pierre Dugast, Marco De Sousa et Simon Despierre – ont tenté d’écarter la qualification redoutée de participation à une association de malfaiteurs. “Je ne crois pas que faire partie d’une même famille constitue cette infraction”, assène maître Renaudie, souhaitant dissocier la situation de son client, le cadet du groupe âgé de 21 ans, de celles de ses coprévenus. “Il n’achète pas les véhicules, ne les maquille pas. Le simple fait qu’il ait été là, et fait partie de cette communauté, ne permet pas de démontrer qu’il a préparé quoi que ce soit.”

Maître Dugast, quant à lui, était au soutien d’un père de 49 ans et de son fils de 24 ans. Le quadragénaire, flanqué de trois de ses enfants sur le banc des prévenus, est l’un de ceux qui se sont vus attribuer, au fil de l’instruction, l’étiquette de “chef de clan”. “On veut absolument retenir le contexte de ce dossier, comme si l’intégralité des faits était accessoire. Avec l’association de malfaiteurs, on veut frapper fort. Si elle est retenue, il faut caractériser, individuellement, des actes préparatoires. Ils le disent eux-mêmes : chacun vole pour soi”.

Des peines de prison ferme de huit, six, cinq et trois ans ont été imposées aux individus, tous désormais sous le coup d’une interdiction de paraître sur le territoire français. Un seul des hommes absents à l’audience a été condamné à six ans de prison, ses comparses devant être à nouveau convoqués – en raison d’un vice de procédure – devant la juridiction.

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