Révélée par Le Canard Enchaîné, une décision bancaire passée jusque-là inaperçue éclaire différemment le parcours financier nébuleux des époux Moretti : dès 2021, le Crédit lyonnais a cessé de les financer, invoquant des garanties douteuses et soupçonnant de faux documents.
Alors que les conditions de financement des époux Moretti en Suisse interrogent les enquêteurs, une information révélée par Le Canard Enchaîné apporte un éclairage précis sur leur passé bancaire en France. Contrairement aux établissements helvétiques, le Crédit lyonnais avait mis fin, dès 2021, à toute relation de crédit avec le couple, après avoir remis en cause la solidité – et l’authenticité – de leurs garanties.
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Selon les éléments publiés par l’hebdomadaire, le Crédit lyonnais avait pourtant accompagné les Moretti pendant plusieurs années. En juin 2015, la banque leur accorde un premier prêt de 286 000 euros pour l’achat d’un appartement à Paris. Trois ans plus tard, elle finance l’acquisition d’une villa à Solenzara, en Corse, à hauteur de 625 000 euros, puis consent encore un crédit de 200 000 euros en août 2019 pour des travaux.
Plus d’un million d’euros d’emprunts à rembourser
La situation se dégrade en mars 2021. Confrontée à des retards de remboursement, la banque réexamine les dossiers. Elle “suspecte de faux documents dans le dossier de financement” de l’un des prêts et réclame le “remboursement intégral et anticipé” de l’ensemble des crédits. En février 2022, un protocole transactionnel est imposé aux emprunteurs, puis homologué par le tribunal judiciaire d’Ajaccio le 19 mai 2022, une démarche inhabituelle qui souligne la prudence extrême de l’établissement, selon le journal satirique.
Pour faire face, les époux Moretti doivent vendre leur appartement parisien et un nouvel échéancier est mis en place pour le solde de la dette. Une rupture bancaire qui tranche avec la facilité d’accès au crédit dont le couple a bénéficié en Suisse au cours de la même période. Entre 2020 et 2024, ils parviennent à contracter plusieurs millions d’euros de prêts auprès d’établissements helvétiques, principalement sur la base d’hypothèques.

