January 29, 2026

ENTRETIEN. "Il faut qu’on retrouve le goût de la victoire" : Guillaume Jan est d’attaque avant de retrouver son ancien club

l’essentiel
Après avoir affronté son ancien club lors de la première journée, Guillaume Jan s’apprête à retrouver une nouvelle fois Nevers, ce vendredi à Armandie (19 h 30). L’occasion pour le SU Agen de relever la tête face à une formation elle aussi en difficulté.

Quelques jours après, avez-vous pu digérer cette défaite à la maison contre Colomiers ?

On a tous eu, que ce soit les joueurs ou le staff, un sentiment post-match qui était erroné. À chaud, on avait ce sentiment d’impuissance, ce manque d’options face à une équipe de Colomiers qui était bien en place. Mais en analysant la rencontre le lendemain on s’est rendu compte qu’on avait eu beaucoup d’opportunités de passer cette défense, surtout sur les extérieurs. Au final, c’est surtout un manque de précision et de prise d’information qui a fait qu’on n’a pas utilisé ses opportunités. Notre première mi-temps a été plutôt cohérente, mais on n’a pas scoré assez.

À 15 contre 14, vous avez, en effet, eu l’occasion de faire le break…

Oui, on a eu la possibilité de passer à 12-0 et on sait que c’est une équipe qui ne joue pas de la même façon lorsqu’elle est menée. Surtout à l’extérieur. Là, elle a réussi à revenir au score et à nous passer devant. Ils ont très bien su gérer le match en deuxième mi-temps en nous contenant dans notre camp. On avait été pas trop mauvais sous les ballons hauts en première période, on en a raté beaucoup en deuxième. Ils se sont nourris de ça pour nous remettre sous pression. Et sur les possessions qu’on a eues, il y a eu des possibilités de surnombre mais on ne les a pas utilisées à bon escient. On est resté sur du jeu à une passe pour nous rassurer. Finalement, tout le monde a pris conscience après le visionnage de la vidéo des raisons pour lesquelles on a perdu ce match et de ce qu’il nous a manqué pour le gagner. Ça a permis d’évacuer ce sentiment d’impuissance.

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Vous n’avez pas le temps de gamberger en tout cas car Nevers débarque dès vendredi. L’occasion pour vous de véritablement lancer cette année 2026 ?

On sort de trois matchs sans victoire, trois matchs où on aurait pu espérer quelque chose. C’est sûr que c’est assez frustrant. L’avantage de ce sport fait qu’on n’a pas le temps de se poser des questions. Il faut absolument qu’on retrouve le goût de la victoire à Armandie.

Nevers reste sur cinq défaites à l’occasion de ses sept dernières rencontres. Quel regard portez-vous sur votre ancienne formation ? A-t-elle changé ?

Elle a un peu évolué. Il y a certaines choses similaires et d’autres qui ont changé avec la vision nouvelle du staff. C’est normal qu’ils s’approprient un peu plus leur projet. Ils sont plus dans la dépossession qu’avant, avec un jeu plus direct. Ils restent, eux aussi, sur trois matchs sans victoire et vont être dangereux vendredi. Ça va être un match très difficile.

Leur match nul à la maison contre Mont-de-Marsan (29-29) a toutefois montré qu’ils étaient dans le dur…

Oui, après il leur manquait beaucoup de joueurs importants. Certains vont revenir contre nous. On va avoir des conditions de jeu qui ne vont pas être idéales pour produire. On va être face à une équipe qui est dense, qui a un gros ballon porté et qui tape fort que ce soit en attaque ou en défense. Ça pourrait les favoriser donc à nous de nous adapter à tout ça.

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Le match aller avait été une grosse désillusion (défaite 54-17). Avec du recul, comment analysez-vous aujourd’hui cette déroute ?

On n’était peut-être pas prêt. On était tombé sur une équipe de Nevers qui avait une énergie énorme. C’était leur premier match à domicile avec un nouveau staff et des nouveaux joueurs. Une nouvelle pelouse synthétique aussi. Il y avait tout un contexte particulier. Nous, on a fait des erreurs qui nous ont grandement pénalisés. On avait été pris sur les ballons portés, on avait encaissé trois ou quatre essais dans ce secteur-là. Ça leur avait permis de prendre confiance et après ils étaient devenus inarrêtables. De notre côté, c’était la première journée. Tout était un peu tout neuf et on ne savait pas trop comment on allait réagir à ça. Finalement ça a été peut-être un mal pour un bien car derrière on a enchaîné des performances intéressantes.

Vous connaissez bien vos anciens joueurs, mais eux aussi connaissent parfaitement votre méthode. Peut-on imaginer du coup un plan de jeu modifié pour l’occasion ?

Je ne suis pas focalisé sur eux. Je les connais, ils me connaissent. Si on passe du temps à se dénaturer parce qu’ils connaissant trop de choses… Non, je ne veux pas rentrer là-dedans. Ce qui prime, et quelle que soit l’équipe qui vient à Armandie, c’est de mettre une grande intensité dans ce match et de le gagner. On a besoin de cette victoire. Et peu importe l’opposition, il nous faudra s’adapter aux conditions. Après, Nevers ou pas, les adversaires connaissent la philosophie de jeu de chaque équipe.

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Craig Willis manquera cette rencontre. C’est un coup dur…

C’est un joueur qui a pris sa place de numéro un dans la hiérarchie à ce poste et ça, on ne peut pas lui enlever car il a réalisé des performances de haut niveau. Après, on a un groupe de quarante joueurs. Quelqu’un d’autre sera à sa place vendredi soir et on a confiance en lui. Un joueur ne peut pas faire seul une saison entière à un poste. Ce n’est pas possible, donc que ce soit Franck (Pourteau) ou Émile (Dayral), ils travaillent au quotidien avec nous. Franck est d’ailleurs rentré contre Colomiers. Il ne faut pas qu’on s’apitoie sur notre sort parce qu’un joueur n’est pas présent.

Un mot enfin sur le top 6 qui n’était pas votre objectif initial mais qui était jusqu’à présent à portée de bras. Est-ce que cette défaite face à Colomiers va compliquer les choses ?

Oui, car au classement britannique elle nous fait du mal. On était à + 6, on passe à + 2. Pour se qualifier il faut être entre + 14 et + 17. Ça va compliquer la tâche, c’est sûr. Mais ce n’est pas terminé même si comme vous l’avez dit ce n’était pas notre objectif prioritaire. Mais plus on est collé à cette place-là, plus on a envie d’aller la chercher. Par contre, ce qui est certain c’est qu’on n’a pas le droit à un nouveau faux pas vendredi soir si on veut encore avoir de l’espoir.

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