January 29, 2026

"C’était le seul vrai copain que j’avais" : qui était Jacques Galès, figure de la station d’Ax 3 Domaines mort d’un infarctus sur les pistes

l’essentiel
Figure emblématique des montagnes ariégeoises et de la station d’Ax 3 Domaines, Jacques Galès est décédé mardi 27 janvier 2026 à l’âge de 66 ans, victime d’un infarctus alors qu’il refermait le télésiège du Rebenty. Ancien perchman devenu directeur de la sécurité, puis pisteur-secouriste, il laisse derrière lui l’image d’un professionnel engagé et d’un homme profondément attaché à sa terre.

Le ciel d’Ax-les-Thermes s’est assombri ce mardi 27 janvier 2026. Jacques Galès est mort à 66 ans, terrassé par un infarctus alors qu’il refermait le télésiège du Rebenty, à Ax 3 Domaines. Une disparition brutale, survenue là-haut, au point culminant de ce domaine qu’il connaissait mieux que quiconque et qu’il n’avait, au fond, jamais quitté.

Figure indissociable de la station ariégeoise, Jacques Galès s’est éteint sur cette terre d’altitude qu’il aimait profondément. Un symbole pour ceux qui l’ont côtoyé toute une vie, et un choc pour un territoire qui perd l’un de ses piliers.

Jacques Galès s’en est allé à l’âge de 66 ans.
Jacques Galès s’en est allé à l’âge de 66 ans.
DR

“Il était d’une curiosité rare”

Pour Fabrice Esquirol, directeur général de la Savasem et ami de longue date, Jacques Galès était un homme à part, fait de contrastes et d’exigence. Une véritable “gare de triage de l’information”. Derrière le déconneur jovial, connu pour ses retards légendaires aux réunions, se cachait un professionnel d’une fiabilité absolue sur l’essentiel.

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Loin de l’image de l’homme figé dans ses habitudes, il fut l’un des artisans majeurs de la modernisation de la station, y apportant une rigueur juridique et technologique alors inédite. À l’aise aussi bien avec l’écrit qu’avec le numérique, il avait su transformer sa passion en un pilotage d’une précision millimétrée. “Il était d’une curiosité rare, toujours prêt à tester de nouveaux outils pour faire progresser sa station”, rappelle Fabrice Esquirol.

Loin de se cantonner aux sommets, il s’impliquait pleinement dans les projets municipaux.
Loin de se cantonner aux sommets, il s’impliquait pleinement dans les projets municipaux.
AX 3 Domaines

Mais au-delà de ses compétences techniques, Jacques Galès était surtout une présence. Un repère. “Sa présence était un pilier, il savait me donner un éclairage positif. Aujourd’hui, seul Jacques serait capable de trouver les mots et le ton pour nous faire accepter ce que nous vivons”, confie le directeur, très ému. Tour à tour “grand frère bienveillant” pour les plus jeunes, “confident” pour ses pairs, il restera comme le ciment indéfectible de toute une équipe.

“Plus qu’une amitié, c’était comme un frère”

Si son professionnalisme faisait l’unanimité, c’est sa générosité qui laisse aujourd’hui un vide immense. Pierre Pinel, son ami depuis trente ans, peine à contenir son émotion : “C’était le seul vrai copain que j’avais. C’était comme un frère pour moi.”

Les deux hommes partageaient tout : des chantiers mêlant le métal de l’un et le bois sculpté de l’autre, jusqu’aux escapades en bateau à Valras, ponctuées de rires devenus souvenirs. Jacques, c’était aussi ce rituel immuable, chaque matin, au café Les Belles Vues. “On attendait qu’il se pointe et qu’il nous raconte une connerie”, se souvient Pierre.

Derrière la plaisanterie, il y avait un ami fidèle, toujours prêt à tout laisser tomber, de jour comme de nuit, pour venir en aide à un proche, quitte à porter un bidon d’essence sur la route de l’Andorre.

“La vigie de nos sommets”

Pour le maire d’Ax-les-Thermes, Dominique Fourcade, Jacques Galès incarnait une réussite locale construite sur le travail et le mérite. Son histoire avec la station débute en 1982, comme perchman. Il deviendra ensuite directeur de la sécurité, gravissant les échelons sans jamais perdre le goût du terrain.

Même à la retraite, il continuait de reprendre du service trois jours par semaine comme simple pisteur-secouriste. “C’était que du bonheur de le rencontrer. Toujours à l’affût, il était la vigie de nos sommets”, se souvient l’édile.

Alors qu’il s’apprêtait à profiter à nouveau de sa vie de grand-père, le destin en a décidé autrement. Jacques Galès laisse derrière lui bien plus que des souvenirs. Engagé dans les projets municipaux, force de proposition, il a semé des idées qui continueront de faire grandir Ax-les-Thermes.

En hommage, la station a observé une minute de silence et arrêté symboliquement ses remontées mécaniques. Si le télésiège du Rebenty s’est tu un instant, l’esprit de Jacques Galès, lui, continuera de planer sur les cimes ariégeoises, porté par la gentillesse et l’amour inconditionnel qu’il vouait à sa montagne.

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