Entre les allées clairsemées et les cellules inoccupées, la galerie marchande de Saint-Orens connaît une baisse progressive de fréquentation. Sur place, des commerçants poursuivent leur activité et des clients fidèles continuent de venir, appréciant le calme du lieu.
Dans les allées de la galerie marchande du centre commercial de Saint-Orens-de-Gameville, le silence remplace peu à peu l’effervescence d’antan. Plusieurs enseignes ont fermé ces dernières années, laissant derrière elles des vitrines vides et des rideaux baissés. Le lieu reste ouvert, mais le contraste est frappant avec l’affluence d’autrefois.

Installée ici depuis plus de vingt ans, une commerçante a vu la fréquentation diminuer progressivement. “On a senti que la galerie commençait à se vider avant le Covid. L’après-Covid a accéléré le phénomène”, explique-t-elle. Selon elle, le contexte économique pèse sur les habitudes de consommation. “Les gens ont peur de dépenser. À cela s’ajoutent des loyers élevés, ce qui fragilise certaines boutiques.”
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Une autre professionnelle, installée depuis 15 ans, partage le constat. “Quand on ouvre au milieu des rideaux baissés, ce n’est pas évident”, confie-t-elle. Pour limiter l’effet de vide, plusieurs commerces ont été regroupés à proximité de l’entrée de la galerie. “Ça permet de donner une impression de vie”, ajoute-t-elle.
L’inquiétude des commerçants toujours présents
Même prudence chez un troisième commerçant, présent depuis plus de vingt ans. “La fréquentation est en dents de scie”, résume-t-il. Il reconnaît aussi l’effet direct des locaux vacants sur son activité : “On se demande parfois quand ce sera notre tour… Ça joue sur le chiffre d’affaires et ça complique aussi les recrutements.” S’il refuse d’envisager une fermeture, il évoque un sentiment d’incertitude : “On ne baisse pas les bras, mais on manque d’informations sur l’avenir.”
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Interrogée, la direction du centre commercial de Saint-Orens se veut toutefois rassurante. Elle rappelle que la galerie rassemble aujourd’hui une cinquantaine d’enseignes, “proposant une offre diversifiée mêlant commerces, restauration et services de proximité”. En 2025, trois nouvelles enseignes ont ouvert : Normal, spécialisée dans les produits du quotidien à prix accessibles ; Creap-eat, une crêperie bretonne aux codes de la restauration rapide ; et Speed Queen, une laverie de nouvelle génération.
Des clients fidèles malgré tout
Trois transferts internes (Jack & Jones, Histoire d’Or et Armand Thierry Homme) ont également été réalisés afin d’optimiser le parcours client et améliorer la lisibilité de l’offre. Une dynamique “illustrant l’attractivité et la capacité à répondre aux attentes évolutives de ses visiteurs”, appuie la direction.
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Du côté des clients, certains continuent de fréquenter régulièrement la galerie. Retraité, l’un d’eux vient deux fois par semaine. “Les loyers doivent être trop chers pour les commerçants”, analyse-t-il. Lui dit privilégier des achats raisonnés : “Je ne fais pas de grosses courses, je fais attention.” Une autre, habituée depuis une vingtaine d’années, reste attachée au lieu. “Il y a moins de monde et ça manque en vitalité. Si la galerie venait à disparaître, je serais triste. Je resterai fidèle jusqu’au bout.”

