January 27, 2026

Pourquoi 30 gendarmes sont intervenus dans un centre éducatif fermé du Tarn-et-Garonne et ont placé huit éducateurs en garde à vue

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EXCLUSIF. Trente gendarmes ont investi, ce mardi 27 janvier 2026 au matin, le Centre éducatif fermé (CEF) de Saint-Paul-d’Espis (Tarn-et-Garonne). Huit éducateurs ont été placés en garde à vue dans le cadre d’une enquête pour des violences présumées sur des mineurs. Fait exceptionnel, l’établissement a fait l’objet d’une suspension provisoire immédiate de son activité par arrêté préfectoral.

À l’aube, les grilles ont claqué. Mardi 27 janvier 2026, à 8 heures précises, le Centre éducatif fermé (CEF) de Saint-Paul-d’Espis s’est réveillé encerclé. Trente gendarmes, des véhicules banalisés, des ordinateurs saisis, des éducateurs interpellés. En quelques minutes, un lieu dédié à l’encadrement de mineurs placés par la justice s’est retrouvé au cœur d’une vaste enquête pénale.

Un centre éducatif sous enquête

C’est une opération de gendarmerie d’ampleur inhabituelle qui a été menée ce mardi sur le site du CEF de Saint-Paul-d’Espis, dans le Tarn-et-Garonne. L’établissement, qui accueille des mineurs délinquants, est visé par une enquête portant sur des violences présumées à l’encontre de plusieurs pensionnaires.

Des dénonciations récentes ont conduit le parquet de Montauban à ouvrir une enquête judiciaire et à ordonner cette intervention. Huit éducateurs de l’établissement sont concernés par la procédure (1).

Dès le début de la matinée, 30 gendarmes ont été mobilisés. Les investigations ont été confiées à la brigade de recherches (BR) de Castelsarrasin, chargée de vérifier les faits qui auraient été commis au sein même de la structure.

Huit éducateurs placés en garde à vue

Les éducateurs visés ont été interpellés sur place ou convoqués dans la matinée. Tous ont été placés en garde à vue dans différentes brigades du département. Ils sont entendus pour des faits de violences aggravées, en raison de leur qualité de personnes ayant autorité, sur des victimes mineures.

Parallèlement, des perquisitions ont été menées dans une partie des locaux du centre. Des gendarmes spécialisés dans les nouvelles technologies participent aux investigations, examinant ordinateurs, téléphones et supports numériques susceptibles de contenir des éléments utiles à l’enquête.

Les mineurs entendus avant leur transfert

La dizaine de mineurs actuellement placés au CEF doit être auditionnée individuellement par les enquêteurs. Ces auditions visent à déterminer si les faits dénoncés par certains jeunes sont connus de leurs camarades ou s’ils ont été témoins d’autres situations similaires.

À l’issue de ces auditions, et en lien avec la Protection judiciaire de la jeunesse (PJJ), les mineurs seront évacués du site et répartis dans plusieurs autres centres éducatifs fermés de la région.

Dans ce contexte et fait exceptionnels un arrêté préfectoral ordonnant la suspension provisoire de l’activité du Centre éducatif fermé de Saint-Paul-d’Espis a été pris.

Une affaire à forts enjeux

Contacté par La Dépêche ce mardi matin, le parquet de Montauban n’était pas encore en mesure de s’exprimer sur le fond du dossier. La préfecture a confirmé la prise de l’arrêté de suspension, sans autre commentaire.

Pour l’heure, les investigations se poursuivent afin de déterminer si les dénonciations des plaignants peuvent être étayées. En attendant leurs conclusions, cette affaire vient fragiliser un peu plus une institution déjà régulièrement confrontée à des violences internes entre mineurs et à des fugues.

(1) Pour rappel, tant qu’aucune décision de justice n’a prononcé la condamnation d’une personne reconnaissant sa culpabilité dans une affaire, cette personne est présumée innocente.

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