À l’approche des élections municipales, le 15 mars prochain, les attentes des Cadurciens et Cadurciennes se font entendre. Dynamisme du centre-ville, stationnement, sécurité, accès aux soins… les habitants dressent le portrait d’une ville qu’ils aiment, mais qu’ils jugent fragilisée.
À moins de deux mois des élections municipales, le 15 mars prochain, les attentes des Cadurciens envers leur futur maire sont claires et souvent empreintes d’inquiétude. Dynamisme, attractivité, commerces, stationnement, sécurité… un même constat revient : celui d’une ville jugée “en perte de vitesse”, malgré un cadre de vie apprécié.
“Une ville au bout du monde”
Habitante du centre-ville depuis vingt ans, Hélène se dit attachée à Cahors, mais alerte sur les défis à venir. “Il faut du travail, sinon personne ne va s’installer”, explique-t-elle, évoquant aussi les difficultés croissantes d’accès aux soins, avec des médecins et spécialistes de plus en plus rares. Comme d’autres, elle regrette également l’isolement du territoire et appelle à une amélioration des liaisons ferroviaires et des transports, estimant que Cahors ne doit pas devenir “une ville au bout du monde”.
Pour Nicolas, l’enjeu principal des prochaines municipales est clair : redonner de la vie à Cahors. Il attend du futur maire qu’il impulse une véritable dynamique, notamment à travers des initiatives festives et populaires comme des marchés de nuit. “Il faut absolument faire bouger la ville”, insiste-t-il, convaincu que l’animation est un levier essentiel pour attirer habitants et visiteurs. Selon lui, cela passe par une connaissance fine du territoire et de ses habitants : le prochain édile devra comprendre les réalités locales et les attentes des Cadurciens pour proposer des projets adaptés et fédérateurs.

“Si on n’aide pas les gens à venir en ville, on va devenir une ville-dortoir”
La question du centre-ville est centrale dans tous les discours. Beaucoup dénoncent la fermeture progressive des commerces et la difficulté à maintenir une vie économique hors saison touristique. Olivier, Cadurcien depuis plus de vingt ans, observe “moins de petites boutiques qu’avant” et une concentration de l’activité vers les zones commerciales périphériques. “Si on n’aide pas les gens à venir en ville, on va devenir une ville-dortoir”, résume-t-il, pointant notamment le stationnement payant comme un frein majeur.
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Le parking cristallise en effet une grande partie des tensions. Plusieurs commerçants réclament davantage de souplesse : des plages gratuites, plus d’indulgence ou des solutions adaptées aux clients de passage. Amina, restauratrice depuis des décennies, s’indigne : “Les gens viennent chercher un plat et repartent avec une amende. Le PV est parfois plus cher que ce qu’ils achètent.” Selon elle, sans attractivité ni accessibilité, le centre-ville est condamné.
“Des clients se font voler leur portefeuille, mes filles ne sortent plus le soir”
D’autres dénoncent un manque d’animations et de vie nocturne, notamment hors saison estivale. Sabine, installée à Cahors depuis plusieurs années, regrette qu’il soit “compliqué de manger après 21 heures” ou simplement de sortir en semaine. Le lundi, jour de repos pour de nombreux commerçants, la ville apparaît souvent totalement fermée.
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Installé à Cahors depuis cinq ans après avoir vécu à Paris, Franck se dit aujourd’hui préoccupé par la question de la sécurité en centre-ville. Selon lui, les incivilités et les agressions sont devenues trop fréquentes, y compris en pleine journée. “Des clients se font voler leur portefeuille, mes filles ne sortent plus le soir”, témoigne-t-il, évoquant un climat anxiogène qui pèse autant sur les habitants que sur les commerçants. Il regrette le manque de présence policière et appelle à davantage de rondes, estimant que cela contribuerait à “rassurer la population.”
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Enfin, les plus jeunes insistent sur un autre enjeu : la communication. “On découvre les événements festifs quand ils ont déjà lieu”, regrette Camille, 24 ans, tatoueuse et cadurcienne depuis 3 ans, qui souligne pourtant l’engagement et la créativité des commerçants pour faire vivre la ville. “Beaucoup aimeraient que la mairie accompagne davantage ces initiatives.” conclut-elle.

