La crise des effectifs frappe le collège Maurice Bécanne à Toulouse. Treize personnels absents, aucun surveillant pour 430 élèves. Les enseignants exercent leur droit de retrait, dénonçant un grave danger de sécurité. Les cours sont suspendus.
Treize personnels en arrêt maladie, pas de surveillant pour 430 élèves du collège Maurice Bécanne à Toulouse, c’est la goutte d’eau qui a fait déborder le vase. Hier matin, constatant “qu’aucun AED n’était présent pour surveiller les élèves”, les personnels ont exercé leur droit de retrait. Environ quatre-vingts personnes se sont rassemblées devant les grilles du collège. Aucun cours n’a pu avoir lieu dans cet établissement où le climat scolaire est au plus bas.
Julien Thomas, professeur d’histoire-géographie depuis onze ans au collège Maurice Bécanne, et délégué Snes-FSU 31, confie “n’avoir jamais vécu une telle situation”. Il explique pourquoi les personnels ont exercé leur droit de retrait : “On a estimé qu’il y avait un grave danger de sécurité, la chef d’établissement a annulé les cours. On a écrit plusieurs courriers sans réponse à la direction académique (Dasen) de la Haute-Garonne. Un représentant était présent au collège, hier matin, mais a refusé de nous parler, c’est ahurissant.”
“Un collège sans surveillant, ça dégénère forcément”
Le collège Maurice Bécanne, situé dans le quartier Fontaine-Lestang, est classé en réseau d’éducation prioritaire (REP), lui octroyant théoriquement des moyens supplémentaires. Mais les remplacements des personnels absents ne suivent pas. Julien Thomas comptabilise, “à date [vendredi 23 janvier], treize personnels absents, dont six enseignants, deux conseillers principaux d’éducation (CPE), une secrétaire de direction, quatre AED”. C’est sans compter, rappelle l’enseignant, “quatre démissions de surveillants depuis septembre dernier”. Il estime qu’il faudrait, au bas mot, sept surveillants pour contenir 430 élèves – pour moitié des enfants issus des quartiers populaires et 25 % d’enfants plutôt favorisés – dans un établissement dont la mixité sociale est présentée comme un atout par les enseignants qui doivent, faute de personnel, “accomplir des tâches qui ne sont pas les leurs, comme surveiller les élèves”, dénonce le professeur d’histoire-géo.
“Un collège sans surveillant, ça dégénère forcément, ajoute-t-il. Quand tous les élèves sont dans la cour, ce sont des ados, c’est de plus en plus compliqué. C’est pareil dans tous les collèges. Sans AED, on fait le travail qui n’est pas le nôtre et on se met dans le rouge”.
“La situation du collège est connue”
Selon le rectorat de Toulouse, “la situation au collège Maurice Bécanne est connue et accompagnée par la direction académique soucieuse de restaurer un climat scolaire apaisé”. A la Dasen, on assure que “dès la rentrée de septembre 2025, un deuxième CPE a été nommé au collège pour renforcer l’encadrement des élèves. Par ailleurs, le collège bénéficie également d’un suivi régulier par le directeur académique adjoint. Suite à des démissions récentes, deux AED sont en cours de recrutement”. Une équipe mobile de sécurité a été mise en place “pour renforcer la sécurisation de l’établissement”. Le rectorat a également mis à disposition “des personnels d’encadrement pour venir renforcer la surveillance en cette fin de semaine, dans l’attente du retour de trois AED absents”.

