January 23, 2026

"La douleur est immense": deux ans, jour pour jour, après le drame, l’hommage à Alexandra et Camille Sonac, tuées par un chauffard sur un barrage agricole

l’essentiel
Près de quatre cents personnes ont rendu hommage à Alexandra et Camille Sonac, tuées par un chauffard sur un barrage agricole, voici deux ans. La cérémonie a eu lieu aux portes de Pamiers, autour de la stèle érigée l’an dernier, à quelques centaines de mètres du lieu du drame.

Des dizaines de tracteurs forment une haie d’honneur depuis le rond-point de la Bourriette, aux portes de Pamiers, délimitant un vaste espace fermé par la stèle érigée, l’an dernier, en hommage à Alexandra et Camille Sonac, tuées par un chauffard sur un barrage agricole. Deux ans, jour pour jour, après le drame, plusieurs centaines de personnes se sont réunies pour leur rendre hommage. Parmi la foule, de nombreux agriculteurs, mais aussi des anonymes touchés par cette double disparition. Et beaucoup de jeunes gens : des amis de Camille Sonac, notamment ou encore des élèves du lycée agricole.

Des agriculteurs, mais aussi de très nombreux anonymes émus par ce drame, ont entouré la famille et les proches de deux victimes de ce drame.
Des agriculteurs, mais aussi de très nombreux anonymes émus par ce drame, ont entouré la famille et les proches de deux victimes de ce drame.
DDM – L.G.

“Un hommage et un message”

“Je ne les connaissais pas, mais je suis là pour leur rendre hommage”, explique Nicolas, 45 ans, de Montégut-Plantaurel, qui avait participé à la marche blanche organisée en l’honneur des deux victimes, en 2024. “Elles sont décédées en défendant nos valeurs”, ajoute Jean-Julien, 39 ans, agriculteur. “Il fallait qu’on soit là. Je les connaissais comme collègues, mais pas personnellement. Ça m’a touché. J’étais présent sur le barrage, pas le jour du drame, mais ça nous impactés de la même manière “, poursuit-il, visiblement très ému. “Nous sommes tous là pour rendre hommage à cette pauvre dame et à sa fille”, souligne Didier, 60 ans. “Et puis pour faire comprendre que nous sommes toujours là, et au combat. Il y a un hommage et un message en même temps, sinon il n’y aurait pas eu tous ces tracteurs”, fait-il remarquer.

Devant une haie d’honneur faite de tracteurs bien alignés, les participants déposent des fleurs au pied de la stèle érigée en hommage à Alexandra et Camille Sonac.
Devant une haie d’honneur faite de tracteurs bien alignés, les participants déposent des fleurs au pied de la stèle érigée en hommage à Alexandra et Camille Sonac.
DDM – L.G.

“Votre courage nous oblige”

“Alexandra et Camille n’étaient pas là par hasard”, rappelle Sébastien Durand, président de la Coordination rurale 09 et maire de Saint-Félix-de-Tournegat, où demeure la famille Sonac, dont il est très proche. “Elles étaient là pour défendre notre métier, pour défendre la cause de tous, une agriculture que l’on aime, que l’on porte souvent dans la fatigue, mais toujours avec dignité. Elles étaient déterminées à dire non à l’injustice, à rappeler que dans chaque ferme, il y a des hommes, des femmes, des sacrifices, et un amour profond pour la terre”, souligne-t-il. Et d’ajouter : “Aujourd’hui, la douleur est immense. Elle serre la gorge. Elle brise le cœur. Elle laisse un vide que rien ne comblera […] Mais leur combat n’était pas vain. Elles laissent un héritage de courage, de solidarité et d’humanité. Désormais, chaque fois que nous défendrons notre métier, que nous refuserons l’injustice, Alexandra et Camille seront là avec nous. À toi, Alexandra. À toi, Camille. Votre courage nous oblige, et on ne lâchera rien”.

Des fleurs et des larmes

Entourant Jean-Michel Sonac et sa fille Lucie, ainsi que la sœur d’Alexandra Sonac, écrasés de chagrin, de très nombreux anonymes, très émus, ont déposé des fleurs sur la stèle érigée en hommage aux deux victimes du drame, après un temps de prière et de recueillement proposé avec beaucoup d’humanité par le père Cédric Pujol, curé de la paroisse de Notre-Dame d’Ariège.

Alexandra, 36 ans, et sa fille Camille, 12 ans, ont été tuées par un chauffard qui circulait sur la RN 20 interdite à la circulation. Jean-Michel Sonac, le père, était grièvement blessé. L’automobiliste avait franchi les barrières mises en place : des plots et un bloc de béton, indiquant que la circulation était formellement interdite en raison d’une manifestation agricole. Le chauffard, Vasili Aghayan, 45 ans, de nationalité arménienne, vivait en Ariège avec sa femme et leurs trois enfants depuis 2021. En février 2025, il a été condamné à cinq ans de prison ferme.

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