La boutique d’artisans Les Petites fourmis, à Tarbes, a revu ses horaires d’ouverture pour alléger ses factures. Mais les artisans se passent également de la Sacem, d’Internet et du terminal bancaire. Tous les moyens sont bons.
Le matin, la porte est désormais close, lumière et chauffage éteints. Depuis janvier 2024, la boutique Les petites fourmis, à Tarbes, a revu ses horaires d’ouverture. ” On a fait les comptes et on s’est aperçu que l’on payait encore 141 euros d’électricité par mois. On est une association d’artisans, sans subvention, avec un loyer autofinancé. Pour nous, ça s’annonçait très compliqué, sans compter que la fréquentation est en berne “, se souvient Alexia Delignière, la présidente de l’association qui gère le commerce et par ailleurs brodeuse professionnelle. En 2014, les coûts de l’énergie explosent à cause du conflit en Ukraine. Les 25 créateurs rassemblés au sein de cette association doivent trouver une solution pour sauver leur vitrine rue Brauhauban et leurs ventes de céramiques, broderies, sacs, confitures, papeteries artisanales.
Et ils en ont eu, des idées. ” On a d’abord décidé de se passer d’Internet. Pas de connexion, moins de frais. Il n’est donc pas possible de régler par carte bleue chez nous. Cela nous évite 1 700 euros de frais bancaires par an “, commence par énumérer l’artisane-commerçante. Ensuite, le collectif a aussi fait l’impasse sur la Sacem (la société des auteurs-compositeurs et éditeurs de musique) pour sonoriser le local. À la place, un enregistrement paisible de chants d’oiseaux, à moindres frais.
Un nouveau fournisseur d’énergie
Chaque artisan gère minutieusement ses stocks avec une devise simple : ” On vend, on fabrique, on ne vend pas, on ne fabrique pas “. Les artisans ont ensuite changé de fournisseur d’énergie en passant par un prestataire local. ” On ne gagne vraiment pas beaucoup mais au moins, on a une facture mensuelle qui est calculée sur une consommation réelle et donc, de la visibilité pour mieux gérer “, précise encore Alexia Delignière.
Pour transporter les achats, point de sacs mais des confections en tissu, maison. Enfin, la décision la plus radicale, a été de réduire de 3 heures, tous les jours, l’ouverture au public. ” On s’est rendu compte que les clients n’étaient vraiment pas nombreux le matin, de l’ordre de 30 environ, sur un mois. On a privilégié les après-midi et une ouverture, rare pour être soulignée, entre midi et deux ainsi que le lundi après-midi “, détaille la commerçante. Auparavant ouverte de 10 heures à 19 heures, la boutique ne reçoit désormais le public que de 12 h 30 à 18 heures. Et grâce à ces économies de bouts de chandelles, la facture a baissé de 40 euros. ” Collectivement, on essaie d’être plus responsable et on incite nos clients à l’être aussi. D’ailleurs, chez nous, il n’y a pas de soldes car on propose le juste prix toute l’année “, précise la vendeuse chez qui il est possible de payer avec la monnaie locale, La Sonnante. Le logo est bien visible devant la caisse enregistreuse. Juste devant un autocollant qui indique ” Stop Amazon “. Chez Les Petites fourmis, impossible de se tromper.

