January 23, 2026

TÉMOIGNAGES. "Il était ultra violent"… Après la torture d’un homme handicapé en plein jour, le village sous le choc

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48 heures après la condamnation des “tortionnaires de Briatexte”, les langues se délient au cœur du village de 2 000 habitants. Bien connu, l’auteur des faits les plus graves est décrit par les locaux comme un dangereux individu, ivre du soir au matin. Témoignages.

À Briatexte, un nom est sur toutes les lèvres : celui de Bruno L. Ce dernier était convoqué ce lundi 20 janvier par le tribunal correctionnel de Castres pour avoir, en octobre dernier et avec deux complices, torturé à son domicile situé face à l’église, un homme de 69 ans pour lui soutirer de l’argent.

Condamné à cinq ans de prison, dont un an avec sursis probatoire assorti d’une obligation de soins, avec maintien en détention, Bruno L. (58 ans) avait notamment frappé le nouveau compagnon handicapé de son ex-femme avec une casserole, donné un coup de poing dans le ventre, blessé au bras avec un opinel, avant de dénuder un câble électrique branché à du 220 volts et de l’électrocuter.

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Ce mercredi, la victime a relaté l’origine surréaliste du litige : “Un jour, mon ex-compagne m’a demandé d’abattre son chien qui lui causait beaucoup d’ennuis. J’ai pris un fusil et j’ai fait ce qu’elle voulait. Bruno voulait que je paye pour avoir tué le pitbull qu’il considérait comme le sien et m’a forcé à rédiger une reconnaissance de dettes de 4 000 euros sous la torture.”

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La scène digne d’un film d’horreur, qui s’est déroulée en plein après-midi au cœur de ce village tranquille de l’ouest tarnais, a beaucoup choqué les habitants cette semaine. “C’est vraiment horrible. C’est lunaire d’ouvrir le journal le matin et de découvrir que quelqu’un que vous croisez régulièrement a commis ces horreurs”, confie la gérante d’un commerce du centre-ville.

Alcool, drogue et violence

Le théâtre de cet acte barbare, une maison grise aux volets en bois et à la porte blanche, est mitoyen de celle de Jeanne*. Installée sur place depuis 60 ans, la retraitée de 87 ans se souvient très bien de son voisin, débarqué un jour de l’année 2016. “J’ai tout de suite constaté qu’il était bizarre. On sentait qu’il avait un problème psychiatrique. Il s’alcoolisait du soir au matin. Il conduisait ivre et avait eu plusieurs accidents. Il titubait en permanence, sans compter la drogue. Paradoxalement, il pouvait se montrer charmant et m’aider à remonter mes courses de temps en temps.”

C’est dans cette maison grise que la scène de torture a eu lieu en pleine journée le 10 octobre dernier.
C’est dans cette maison grise que la scène de torture a eu lieu en pleine journée le 10 octobre dernier.
DDM

La Tarnaise conserve de son voisin le souvenir d’un homme “à qui on ne pouvait pas faire confiance”, croulant sous les dettes au bistrot et “qui ne faisait rien de ses journées à part jouer du djembé et organiser des soirées parfois bruyantes jusqu’au bout de la nuit.” Elle se remémore surtout cet homme qu’elle qualifie “d’ultra violent” et de cette fois où elle l’avait vu “sortir un marteau et descendre se battre devant le palier de sa porte” avec un homme qui “convoitait sa copine” de l’époque.

Choquée d’apprendre les détails sordides de cette session de torture qui s’est déroulée derrière la cloison de sa cuisine, Jeanne, qui n’a rien entendu, est aujourd’hui encore “très éprouvée”. La retraitée concède n’avoir jamais imaginé une telle dérive. Le matin de l’interpellation, la vue des uniformes avait pourtant réveillé ses soupçons : “Quand j’ai ouvert mes volets un matin d’octobre et que j’ai vu les gendarmes, je me suis dit ‘qu’est-ce qu’il a encore fait ?’. Aujourd’hui je comprends mieux, mais je crois que j’aurais préféré ne pas savoir que mon voisin était capable de ça.”

*Prénom modifié

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