January 22, 2026

"Le handicap n’est pas un frein" : Après avoir essuyé une salve de refus, Enzo arrive à décrocher deux stages à force de persévérance

l’essentiel
La détermination d’Enzo a payé. Malgré son handicap et après de nombreux refus, il a réussi à décrocher deux stages, l’un chez Intersport, l’autre chez Debard Automobile à Albi. Son parcours inspire et défie les préjugés.

Après avoir essuyé une salve de refus, Yolande avoue avoir voulu renoncer. Mais son fils, Enzo, ne l’entendait pas de cette oreille. Il voulait absolument trouver un stage. “Je lui ai dit non, il ne faut pas se laisser abattre, on ne va pas renoncer. Et en fait j’avais raison”, raconte le jeune garçon, qui souffre d’un handicap physique depuis sa naissance et doit vivre sur un fauteuil adapté.

Privé d’oxygène à la naissance, Enzo souffre d’une infirmité motrice cérébrale et de quadriplégie spastique. Depuis tout petit, sa vie est un combat. Physique, psychologique et financier… “Être handicapé, c’est un luxe”, assurent-ils avec sa mère.

“Je m’ennuierais dans la vie sans lui”

À force de persévérance, le jeune homme, solidement épaulé par sa mère et le reste de sa famille, arrive à devenir le premier élève du Tarn à suivre une scolarité mixte, en établissement spécialisé à l’IEM Lardaillé et au lycée Toulouse-Lautrec en CAP.

Car Enzo veut travailler “avoir son salaire, sa maison, être autonome… et pas vivre de la prestation de compensation de handicap de 900 €”. Pour lui le handicap “n’est pas un frein pour vouloir réussir”.

“Je veux me prouver à moi-même que je peux y arriver”, explique-t-il devant sa mère admirative. “Moi je suis fière de lui. Même s’il est handicapé, Enzo c’est mon boost. Je m’ennuierais dans la vie sans lui. Et en plus, cela fait relativiser…”

Dans le cadre de sa scolarité, le jeune homme doit donc réaliser un stage. Passionné de voitures, il vise les concessions automobiles. Un domaine où il rêve de travailler. “J’aime la mécanique, le design, l’histoire des marques”, commente-t-il. Avec sa mère, il entame donc le tour des entreprises.

“Je m’étais bien habillé avec un costard, une cravate, pris mes CV”, raconte-t-il. Et là, grosse désillusion… Ils essuient une série de refus. Sa mère est découragée. Lui, avoue avoir eu “les nerfs”. Mais face à sa mère qui, découragée veut renoncer, Enzo décide d’aller plus loin et de taper à la porte de Debard automobile, le dernier de la liste. L’entretien se passe bien, ils déposent leur CV.

“Ce sont de belles personnes”

Fort de ce premier “succès”, pour sécuriser le stage, ils poussent chez Intersport Outlet (Enzo aime beaucoup les chaussures), qui l’accepte dans la foulée. Quelques jours plus tard, Debard Automobile répond positivement à la demande d’Enzo.

Voilà donc le jeune homme avec deux stages pour le prix d’un. Pas de souci, avec l’accord du lycée Toulouse-Lautrec, il fera le premier à Intersport en décembre et se rendra en juin chez Debard.

Le premier stage s’est très bien passé. “J’ai pu conseiller des clients, mettre en rayon, travailler aux caisses”, explique Enzo, qui était toujours accompagné par Victor son AESH. “Ils ont été très accueillants et se sont adaptés”, indique sa mère.

En juin, ce sera donc Debard Automobile où Enzo pourra découvrir plusieurs facettes du métier. Les locaux sont adaptés. Un rêve pour le jeune homme. “Ce sont des belles personnes. Elles permettent d’inclure les personnes en situation de handicap dans le monde du travail”, s’enthousiasment la mère et le fils.

Car pour Enzo, le handicap peut ouvrir des portes. “La plupart des gens croient l’inverse”, ajoute-t-il. Et ce dernier d’espérer que son parcours sera une occasion pour les autres personnes souffrant de handicap de faire de même.

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