Depuis février 2024, les Français ont la possibilité de porter plainte en ligne. Ce système de saisie devait permettre de libérer du temps aux forces de l’ordre (policiers et gendarmes). Au contraire, le dispositif est venu apporter une charge de travail supplémentaire.
C’était la promesse de la facilitation et d’un gain de temps absolu pour les forces de l’ordre. Depuis février 2024, le dépôt de plainte en ligne est possible pour les Français qui se rendent sur la plateforme “Ma Sécurité“. Toute personne victime de vol, de cambriolage, d’atteinte à la personne, de dégradation volontaire de biens ou d’escroquerie peut déclarer son préjudice en ligne en seulement quelques clics. Pour la victime présumée, initialement, la promesse était celle d’une démarche allégée : une vingtaine de minutes derrière son écran en moyenne, là où un déplacement au poste prend globalement une demi-heure.
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À cela est venu s’ajouter le dispositif de “visio-plainte” : des bornes ont été installées dans les gendarmeries et les commissariats de police du territoire. Toute victime présumée est depuis invitée à porter plainte via ces bornes… sans pour autant “monopoliser” l’attention d’un agent. En France, 3,5 millions de plaintes sont enregistrées en moyenne chaque année dans les gendarmeries et les commissariats de police. Près de 2,8 millions d’entre elles pourraient être saisies en ligne… de quoi promettre un sacré gain de temps pour les forces de l’ordre.
Des plaintes rejetées
Et pourtant… La mise en place du dépôt en ligne est venue accroître les charges de travail au sein des différentes unités : en un an et demi, entre février 2024 et août 2025, un million de plaintes en ligne ont été déposées auprès des services de la Police nationale, selon des chiffres communiqués par le Service d’information et de communication de la police nationale (SICOP).
Outre le nombre de dossiers à traiter, les forces de l’ordre doivent surtout faire le tri : entre février 2024 et le mois de mai suivant, près de 16 % des plaintes saisies en ligne et reçues en commissariat ont été rejetées. Signe que toutes les plaintes ne sont pas forcément bonnes à prendre.

