January 15, 2026

Rugby féminin : "J’ai adoré jouer avec les garçons", confie Pauline Bourdon-Sansus lors d’un débat de la mixité dans les catégories jeunes

l’essentiel
Laisser les joueuses entre elles chez les jeunes ou les mélanger avec les garçons ? C’est un débat qui a animé la réunion des clubs féminins à Toulouse, en fin de semaine dernière en présence de Florian Grill, président de la FFR. Deux internationales du Stade Toulousian ont donné leurs points de vue. Instructif.

Vendredi dernier, sur les installations du TCMS où le président de la FFR, Florian Grill, avait réuni les clubs féminins (lire notre édition du 11 janvier), l’un des sujets abordés au cours de la soirée, et qui tient à cœur à la Fédération, c’est cette volonté de créer plus d’équipes de jeunes filles afin qu’elles puissent jouer entre elles.
Une vision qui se heurte au retour d’expérience des joueuses présentes dans la salle, les internationales Pauline Bourdon-Sansus et Lou Roboam du Stade Toulousain. Pour la demie de mêlée, c’est clair et net, ses meilleures années sont celles avec les garçons : « Je ne vais pas me faire beaucoup d’amis, mais j’ai adoré jouer avec les garçons, car si l’on a du potentiel, il faut au maximum jouer avec les garçons. C’est là que je pense avoir le plus progressé. » Même son de cloche chez sa jeune coéquipière : « Les filles qui commencent plus tard seront sûrement plus à l’aise avec des filles, mais pour celles qui commencent tôt, jouer avec des garçons est une vraie plus-value. Mentalement, physiquement, techniquement, ça forge nos qualités de joueuses. »

Un juste milieu à trouver

Avant d’aborder le passage du rugby mixte à celui 100 % féminin à partir de 16 ans. « C’était horrible », déclare Pauline Bourdon-Sansus, devant une assemblée hilare. « Quand on bascule dans un grand club comme le Stade Toulousain ou Blagnac ça peut le faire car les joueuses ont déjà un bon niveau, mais le passage de garçons à filles, pour ma part à Villefranche-de-Lauragais, ça a été compliqué car tu dois réapprendre aux filles ce que tu as déjà appris avec les garçons », tempère Lou Roboam.
Tel est le dilemme pour Florian Grill et la FFR. Ne pas brider les filles à haut potentiel, tout en développant les catégories de jeunes féminines pour élargir le vivier de joueuses. « Les journées “Rugby pour Elles”, que l’on fait avec le scolaire, sont importantes pour les filles qui ont envie de jouer entre elles à un niveau qui leur correspond plus. Puis, quand tu as des ovnis, il faut absolument les garder avec les garçons le plus longtemps possible pour qu’elles se développent pleinement » conclut le président Florian Grill. Une solution mixte en quelque sorte…

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