Alain Orsoni a été abattu lundi à Vero (Corse-du-Sud) lors des obsèques de sa mère. Son frère avait été assassiné en 1983 dans le cadre d’un projet visant le FLNC, et son fils a lui aussi été la cible de tentatives d’assassinat, illustrant une histoire familiale marquée par les règlements de comptes dans le milieu nationaliste et criminel corse.
L’ancien dirigeant nationaliste corse Alain Orsoni, reconverti dans les affaires et ancien président du club de football d’Ajaccio, a été abattu ce lundi 12 janvier dans le village de Vero, en Corse-du-Sud, lors des obsèques de sa mère. Le procureur d’Ajaccio a ouvert une enquête pour assassinat en bande organisée, confiée à la police et la gendarmerie en co-saisine.
Son frère assassiné en 1983
Âgé de 71 ans, ce militant nationaliste de la première heure avait déjà été visé par un projet d’assassinat en 2008. Son frère, Guy, avait été assassiné en juin 1983. À l’époque, Jean-Marc Leccia, chimiste de la drogue lié à la mafia italo-américaine, voulait porter un coup au FLNC (Front de libération nationale corse) pour acheminer de la morphine vers les États-Unis. Leccia recrute la bande du Valinco, du nom d’une région corse, pour éliminer Alain Orsoni, alors à la tête du FLNC. Mais c’est Guy qui tombe dans le piège. Torturé puis exécuté, son corps ne sera jamais retrouvé.
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Son fils, figure du banditisme
Pour rendre hommage à son frère assassiné, Alain Orsoni a donné le prénom de ce dernier à son fils, lui-même devenu une figure du banditisme corse. En 2018, le fils a été à son tour la cible d’une tentative d’assassinat. Il a été blessé par balles en plein centre d’Ajaccio, mais n’a pas succombé à ses blessures.
Guy Orsoni fils circulait en voiture blindée lorsque deux hommes à moto lui ont tiré dessus. Poursuivi avec dix autres personnes, notamment pour assassinats et association de malfaiteurs en vue de commettre des assassinats, Guy Orsoni fils avait été acquitté en juin 2015 pour les crimes et condamné à huit ans de prison pour une association de malfaiteurs en vue de se procurer de faux papiers.
Ancien président du club d’Ajaccio
Réputé pour son sens politique et son sang-froid, Alain Orsoni avait quitté la Corse en 1996, en pleine guerre fratricide au sein de la mouvance nationaliste. Il a vécu durant treize ans en Floride, puis au Nicaragua, où il avait des activités dans le secteur des jeux, ainsi qu’en Espagne. Peu après son retour d’exil, un projet d’assassinat le visant fut déjoué par la police durant l’été 2008. Il avait, au même moment, succédé à la présidence du club de foot de l’Athletic Club Ajaccio (ACA) à son ami Michel Moretti, un ancien nationaliste qui venait de décéder.

