Une auxiliaire de vie qui travaillait en Ehpad a été licenciée pour “faute grave” par son employeur : cette dernière avait partagé une vidéo dans un groupe d’amis et de collègues, sur une messagerie instantanée se moquant au passage de son directeur. L’affaire a été portée devant les prud’hommes.
Face à la justice, elle assurait n’avoir pas voulu nuire à qui que ce soit. La blague de mauvais goût sur son patron ? Elle pensait l’avoir partagée dans un cercle privé, restreint. Les juges en ont décidé autrement… Au mois de mars dernier, une auxiliaire de vie était appelée à s’expliquer à la barre devant une cour d’appel : cette dernière – qui travaillait dans un Ehpad – avait été licenciée en décembre 2020. L’intéressée menait ainsi une bataille judiciaire depuis trois années.
La faute à une blague homophobe, partagée dans un groupe de discussions entre collègues. Les faits s’étaient déroulés au mois d’octobre 2020, rappellent nos confrères du Figaro : l’intéressée envoie une vidéo d’un homme en train de courir sur un tapis de course avec un air efféminé. L’auxiliaire de vie commente sa publication : “Mon directeur qui fait du sport”. Il n’aura fallu que dix jours pour que la blague parvienne aux oreilles de la direction de cet Ehpad. Malgré ses 14 années de carrière, l’auxiliaire de vie est convoquée en novembre 2020, avant d’être licenciée en décembre, sa direction dénonçant une vidéo “diffamatoire” et “dégradante”.
L’auxiliaire de vie déboutée
L’affaire finit devant les prud’hommes. Face aux juges, celle-ci tente de faire preuve de sa bonne foi, présente des excuses et affirme avoir voulu partager cette publication dans un cercle restreint de contacts. Les juges la croient : en juillet 2022, l’employeur est condamné à lui verser plus de 23 000 euros, indemnités et dommages confondus.
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Mais ce dernier fait appel : le procès a eu lieu au printemps dernier. Les juges ont cette fois-ci estimé que la publication partagée par l’auxiliaire de vie portait atteinte à la dignité et à la vie privée du directeur de l’Ehpad. La cour d’appel a validé son licenciement pour “faute grave”. Pas d’indemnités de procédures pour cette dernière qui devra par ailleurs payer les frais de procédure de son employeur.

