January 10, 2026

DECRYPTAGE. Une dissolution et de nouvelles législatives en mars ? On vous explique l’avertissement de Sébastien Lecornu

l’essentiel
Sébastien Lecornu a demandé au ministère de l’Intérieur de préparer l’organisation d’élections législatives anticipées en mars si le gouvernement était censuré par les députés.

Ce n’est pas une menace, dit-on à Matignon. Ça y ressemble quand même beaucoup. Le spectre d’une nouvelle dissolution et l’organisation d’élections législatives anticipées en 2026 ont été relancées vendredi par le Premier ministre Sébastien Lecornu, en accord avec Emmanuel Macron. On vous explique.

Qu’a dit Sébastien Lecornu ?

Le Premier ministre a donné instruction au ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez de préparer l’organisation d’éventuelles élections législatives anticipées en mars 2026 si le gouvernement venait à être censuré ces prochains jours.

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Va-t-on devoir réélire les députés ?

Pas du tout à ce stade. Les députés élus après la dissolution de 2024 restent en fonction. Si l’Assemblée nationale censurait le gouvernement, Emmanuel Macron serait prêt à appuyer sur le bouton de la dissolution. Si tel était le cas, les Français retourneraient aux urnes les 15 et 22 mars et éliraient le même jour leurs maires et leurs députés.

Pourquoi Sébastien Lecornu laisse-t-il planer le doute ?

Ce coup de pression répond à deux situations politiques. D’abord sur l’accord sur le Mercosur. La France a dit non au niveau européen. Le Rassemblement national et LFI ont tout de même déposé chacun une motion de censure du gouvernement. Elles seront examinées mardi et mercredi prochain. Si une des deux motions obtenait la majorité et que le gouvernement était renversé, il y aurait alors dissolution. L’autre dossier concerne le budget 2026 de l’État. Il n’a toujours pas été voté. Les députés ont repris l’examen du texte jeudi en commission des Finances. Vendredi ils ont rejeté la partie recettes. Il n’est quasiment pas certain qu’un consensus se dégage en séance à partir de la semaine prochaine. Y aura-t-il passage en force avec l’emploi de l’article 49.3 – ce que Sébastien Lecornu use refuse à faire jusqu’à présent – ou par la prise d’ordonnances ?

La cheffe de file des députés LFI à l’Assemblée nationale Mathilde Panot.
La cheffe de file des députés LFI à l’Assemblée nationale Mathilde Panot.
AFP

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À qui s’adresse le coup de pression ?

Sébastien Lecornu semble faire le pari que les partis politiques n’ont aucun intérêt à des élections législatives anticipées, à un peu plus d’un an de l’élection présidentielle. Le spectre d’une dissolution est censé les faire réfléchir. Le Premier ministre a aussi constaté le durcissement des positions du groupe écologiste et des communistes qui ne participent plus à certaines réunions. Vendredi sur son compte X, il a critiqué des “postures cyniques partisanes” qui “retardent les discussions budgétaires”.

La France a une position claire sur le Mercosur : nous voterons contre, sans surprise.

Déposer une motion de censure dans ce contexte, c’est choisir délibérément d’afficher des désaccords politiciens internes. C’est choisir d’affaiblir la voix de la France plutôt que de montrer…

— Sébastien Lecornu (@SebLecornu) January 9, 2026

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Comment réagit l’opposition ?

“Si le Premier ministre croit qu’il nous menace, il se trompe”, a lancé Jean-Luc Mélenchon en marge d’un déplacement à Villeurbanne (Rhône). “Pour nous, le vote populaire, ce n’est pas une menace”, a ajouté le leader de LFI. Les autres leaders du Nouveau Front populaire n’avaient pas encore réagi ce samedi matin.

Et si les Français devaient élire à nouveau leurs députés en 2026 ?

Et si les Français devaient élire à nouveau leurs députés en 2026 ?


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