De la fumée s’échappe d’immeubles après des attaques de drones russes à Kiev, en Ukraine, le 9 janvier 2026. EUGENE KOTENKO / AFP
La Russie a mené des bombardements d’ampleur dans la nuit de jeudi à ce vendredi 9 janvier sur l’Ukraine, où les autorités ont fait état d’au moins quatre morts à Kiev et d’une frappe de missile à vitesse hypersonique dans l’Ouest. La veille, le président ukrainien Volodymyr Zelensky avait prévenu du risque d’une « attaque massive russe » imminente après que la Russie a rejeté un plan européen du déploiement d’une force multinationale après une éventuelle fin de la guerre.
• Quatre morts à Kiev
A Kiev, la police a fait état de plusieurs immeubles résidentiels frappés par des drones faisant quatre morts et 24 blessés. Parmi les morts figure un secouriste déployé sur l’un des sites touchés, tué par une nouvelle frappe de drone, a précisé le maire Vitali Klitschko, évoquant aussi des infrastructures endommagées et des coupures de courant.
L’attaque nocturne russe contre l’Ukraine a endommagé 20 immeubles résidentiels et l’ambassade du Qatar à Kiev, a indiqué vendredi le président ukrainien Volodymyr Zelensky sur les réseaux sociaux. « Le bâtiment de l’ambassade du Qatar a été endommagé par un drone russe », de même que 20 immeubles résidentiels dans la capitale, a déclaré Volodymyr Zelensky. Il a aussi confirmé le bilan de quatre morts à Kiev.
• Une alerte aux missiles dans tout le pays
A l’échelle nationale, l’armée de l’Air a lancé une « alerte aux missiles à travers toute l’Ukraine », évoquant des missiles balistiques provenant de la base de Kaspoutine Iar, à quelque 400 kilomètres à l’est de la frontière.
Au total, l’armée russe a lancé 36 missiles et 242 drones sur l’Ukraine, a annoncé l’armée de l’air ukrainienne. Le système de défense ukrainien a abattu 226 drones et 18 missiles, a précisé l’armée de l’air.
• Une frappe avec le missile hypersonique Orechnik
La Russie a frappé des « cibles stratégiques » en Ukraine à l’aide du missile hypersonique Orechnik, a annoncé le ministère russe de la Défense dans un communiqué. Les forces armées russes ont lancé une « frappe massive avec des armes de haute précision à longue portée, notamment le complexe mobile de missiles terrestres de moyenne portée Orechnik », ainsi que des drones, a expliqué le ministère.
Ces frappes, dont le nombre n’a pas été précisé, sont intervenues « en réponse à l’attentat terroriste perpétré par le régime de Kiev » contre une résidence de Vladimir Poutine fin décembre, dont l’Ukraine affirme qu’il s’agit d’un « mensonge ». Selon le ministère russe, les frappes ont touché des sites de fabrication de drones « utilisés pour l’attaque terroriste » et des infrastructures énergétiques, sans indiquer lesquels.
L’attaque a notamment visé « un site d’infrastructures » dans la région ukrainienne de Lviv, frontalière de la Pologne, membre de l’UE et de l’Otan, a indiqué le gouverneur régional Maksym Kozytsky. Le missile « volait à une vitesse de près de 13 000 kilomètres par heure », a ajouté le maire de Lviv Andriï Sadovy sur Telegram, citant les informations de l’armée.
Ce missile a été déployé mi-décembre en Biélorussie, pays allié de la Russie, avait annoncé alors son président Alexandre Loukachenko. L’arme, capable de frapper avec des ogives nucléaires des cibles à plusieurs milliers de kilomètres, a été utilisée pour la première fois avec des têtes conventionnelles en 2024 contre la ville de Dnipro, dans le centre-est de l’Ukraine
• Plus de 550 000 Russes sans électricité
Près de quatre ans après le lancement de l’offensive à grande échelle du Kremlin, Moscou continue de bombarder l’Ukraine, en ciblant notamment les infrastructures énergétiques du pays : plus d’un million d’habitants du centre de l’Ukraine ont été privés jeudi d’eau et de chauffage, par des températures glaciales, après ces frappes nocturnes de drones.
En réponse, l’Ukraine multiplie également les frappes sur les infrastructures énergétiques russes. Quelque 556 000 personnes ont ainsi été privées ce vendredi matin de courant et de chauffage dans la région russe de Belgorod, jouxtant la ville ukrainienne de Kharkiv, selon le gouverneur local, Viatcheslav Gladkov.
• Discussions diplomatiques au point mort
Ces nouvelles frappes interviennent alors que les discussions diplomatiques impulsées par Donald Trump ces derniers mois sur ce conflit semblent bloquées.
Moscou a rejeté jeudi un plan européen de déploiement d’une force multinationale destinée à garantir la sécurité de l’Ukraine après une éventuelle fin de la guerre. « Les nouvelles déclarations militaristes de la soi-disant Coalition des volontaires et du régime de Kiev font d’eux un véritable “axe de la guerre” », a dénoncé la porte-parole de la diplomatie russe, Maria Zakharova.
Il s’agissait de la première réaction de Moscou depuis le sommet sur les garanties de sécurité pour Kiev ayant réuni mardi à Paris les 35 pays membres de la « Coalition des volontaires », essentiellement européens, avec la participation du président ukrainien Volodymyr Zelensky et le soutien de Washington. Ils se sont accordés pour déployer une force multinationale en Ukraine et participer à la surveillance d’un potentiel cessez-le-feu sous « leadership » américain, une fois conclu un hypothétique accord avec la Russie.
• Un « test » pour les alliés de Kiev
Ce vendredi matin, l’Ukraine a estimé que les frappes massives russes contre son territoire constituaient une « menace grave » pour l’Europe et un « test » pour l’Occident.
« Une telle frappe à proximité de la frontière de l’UE et de l’Otan constitue une grave menace pour la sécurité du continent européen et un test pour la communauté transatlantique », a estimé, sur X, le chef de la diplomatie ukrainienne Andriï Sybiga.

