January 7, 2026

DÉCRYPTAGE. Dégivrage des avions, déneigement des pistes : comment les aéroports font face aux conditions hivernales

l’essentiel
Les conditions hivernales perturbent le trafic aérien en France. Les aéroports de Roissy et d’Orly ont par exemple été contraints de réduire le nombre de vols ce mercredi 7 janvier afin de permettre le déneigement des pistes et le dégivrage des avions.

L’épisode neigeux qui touche la moitié nord de la France depuis le début de la semaine n’est pas sans conséquence sur le trafic aérien. Les deux principaux aéroports parisiens, Paris-Charles de Gaulle (CDG) et Orly, sont particulièrement impactés par ces conditions hivernales. La Direction générale de l’Aviation civile (DGAC) a en effet demandé aux compagnies aériennes de réduire leur programme de vols pour la matinée du mercredi 7 janvier de 40 % sur l’aéroport CDG et de 25 % sur Paris-Orly. Cela permet ainsi de déneiger les pistes, de dégivrer les avions et donc de garantir la sécurité des vols.

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Pourquoi dégivre-t-on un avion ?

Le givre qui se dépose sur le fuselage, les ailes et l’empennage d’un avion l’alourdit et dégrade ses conditions de vol. L’accumulation de glace vient en effet perturber le flux d’air, augmente la traînée de l’appareil et diminue sa portance. Certaines parties mobiles comme les bords d’attaque, les volets, ou encore les gouvernes de profondeur et de direction peuvent par ailleurs se retrouver inopérantes sous une fine couche de glace et cela peut avoir des conséquences dramatiques.

Le crash au décollage d’un ATR 42 de West Wind Aviation le 13 décembre 2017 à Fond-du-Lac au Canada est là pour nous le rappeler. À cause du givre, l’avion n’était pas parvenu à prendre de l’altitude et s’était écrasé 17 secondes après son décollage. L’accident avait fait un mort et neuf blessés graves.

Les dégivreuses à l’œuvre autour d’un avion d’Air France sur l’aéroport de Roissy.
Les dégivreuses à l’œuvre autour d’un avion d’Air France sur l’aéroport de Roissy.
Archive ADP

En cas de conditions givrantes, de neige ou de pluie verglaçante, les compagnies aériennes ont donc l’ordre de passer par la case dégivrage. L’aéroport parisien CDG dispose de vingt aires de dégivrage avions à proximité des pistes. Cela permet à ses équipes du service hivernal de dégivrer jusqu’à douze avions simultanément. Sur Orly, les avions sont dégivrés directement à leur point de stationnement.

Dégivrage mode d’emploi

Pour cette opération, on utilise des camions spécifiques appelés dégivreuses. Entre deux et six sont nécessaires selon le type d’avion. À l’intérieur d’une cabine mobile, un opérateur dirige une sorte de nettoyeur haute pression fixé sur un bras télescopique et asperge l’avion avec un mélange de glycol et d’eau. Il faut compter en moyenne une quinzaine de minutes pour un avion de type A320 ou A350. Une fois le dégivrage terminé, l’appareil dispose d’un “temps de protection” lui permettant de rejoindre la piste de décollage. Pour éviter tout nouveau dépôt de givre sur l’appareil, il est donc nécessaire de synchroniser les opérations de dégivrage avec celles du déneigement des pistes.

Le déneigement des pistes

En cas de chutes de neige ou de verglas, il est nécessaire de traiter les pistes et les voies de circulation des avions, les taxiways. Si sur une route, les voitures peuvent toujours adapter leur vitesse en fonction des conditions climatiques, un avion en phase de décollage ou d’atterrissage n’a pas cette possibilité. Pour cela, les deux aéroports parisiens sont donc équipés de près de 250 engins de déneigement. Leur terrain de jeu comprend sept pistes et pas moins de 130 kilomètres de taxiways permettant aux avions de rejoindre les pistes ou leur point de stationnement.

Un "train neige" se met en marche sur l’aéroport de Paris-Orly.
Un “train neige” se met en marche sur l’aéroport de Paris-Orly.
Archive ADP

Pour déneiger une piste d’aéroport, un “train neige” entre en action. Il s’agit en fait de plusieurs engins qui se suivent. Généralement on trouve un véhicule de commandement suivi d’une dizaine de déneigeuses qui poussent la neige vers l’extérieur, puis des camions épandeurs de produits déverglaçant (formiate liquide et solide) et enfin des camions “fraises à neige” qui récupèrent la neige accumulée sur le sol et la projettent à distance. Un véhicule de contrôle de glissance ferme la marche. Il permet de mesurer le coefficient d’adhérence de la piste.

Pour déneiger les pistes les plus longues, autour de 4 200 m, il faut compter une trentaine de minutes. Pour les pistes courtes, d’environ 2 500 m de long, c’est moitié moins. Pendant toute la durée du déneigement, le trafic sur la piste est bien évidemment interrompu, ce qui entraîne inévitablement des retards de vols.

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