January 6, 2026

VIDÉO. Colère des agriculteurs : "Ici, on a affaire qu’à des bons à rien", un convoi de la CR47 s’est élancé en direction de Paris

l’essentiel
Ce mardi 6 janvier, des dizaines d’agriculteurs se sont réunis à Cancon (Lot-et-Garonne) pour garnir les rangs d’un convoi initié par la Coordination rurale 47. Malgré des arrêtés pris pour bloquer les tracteurs, le syndicat et ses sympathisants vont porter leurs revendications jusqu’à Paris.

“Ça va partir de toute la France”. Bonnet jaune vissé sur la tête – il est plus que jamais de circonstance par les – 8 °C qui règnent avant le lever du soleil sur les hauteurs de Cancon –, José Pérez motive les troupes. Devant lui, des dizaines de sympathisants de la Coordination rurale de Lot-et-Garonne, prêts à partir. Vers la place de la préfecture à Agen ? Non. Comme un écho à leur périple de janvier 2024, ils reprennent la route pour Paris. Mais cette fois-ci, les choses sont bien mieux coordonnées. Toutes les antennes départementales du syndicat agricole ont décidé de converger vers la capitale. À la différence près que cette convergence des luttes se fera… sans tracteur.

Rassemblement matinal dans le froid du Haut-Agenais.
Rassemblement matinal dans le froid du Haut-Agenais.
DDM G.B.

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“C’est horrible, on est dans un pays où il n’y a aucune liberté, on voit bien ce que représente l’agriculture française” peste le co-président de la CR47. “À Paris, ils ont peur qu’on monte, donc ils ont verrouillé tout le pays en interdisant tous les tracteurs. Vous n’avez même pas le droit d’aller mettre l’engrais ce matin chez vous, ou presque.” Le préfet de la Région Nouvelle-Aquitaine a en effet décidé de restreindre la circulation des véhicules agricoles jusqu’au 8 janvier. Malgré tout, quelques engins sont stationnés dans la pénombre de la zone artisanale Jean-Lagnel de Cancon. Le départ du Lot-et-Garonne ne se fera pas sans démonstration.

Les conducteurs qui garnissent le convoi ont un plan de route précis… et secret.
Les conducteurs qui garnissent le convoi ont un plan de route précis… et secret.
DDM G.B.

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“On se retrouve après la Loire”

Cette interdiction alimente les conversations autour du café préparé par les gérants de la Claas, qui accueille le rassemblement matinal. Certains la découvrent au petit matin. “On n’a pas le nez dans les papiers nous” s’agace un des participants. Les gendarmes ne sont pas loin pour observer une éventuelle arrivée massive d’engins agricoles. Il n’en sera rien. Les échanges restent cordiaux avec les forces de l’ordre, à qui on tend volontiers un café.

Les gendarmes ont eu droit à un café avant le démarrage du convoi agricole.
Les gendarmes ont eu droit à un café avant le démarrage du convoi agricole.
DDM G.B.

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“On n’est pas cagoulé, on n’est pas des bandits” enchaîne la présidente de la chambre d’agriculture de Lot-et-Garonne, Karine Duc. Elle aussi ne cache pas son désarroi face aux injections préfectorales. “On annonce une manifestation pacifique ! Cette décision, c’est verrouiller les agriculteurs qui cherchent des solutions” souffle Karine Duc. Qu’importe, décision est prise de s’élancer sur la RN21 avec cinq tracteurs, en direction de la Dordogne. “On n’est pas dupe”, assure-t-elle, sur le fait que les engins se fassent stopper dans le département voisin. Mais le plan de bataille est bien ficelé sur la suite des événements.

Derniers préparatifs pour les responsables de la CR47.
Derniers préparatifs pour les responsables de la CR47.
DDM G.B.

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Si ce convoi ouvre la route ce mardi, les représentants de la CR47 espèrent retrouver une partie des leurs plus tard. “On se retrouve après la Loire” annonce José Pérez. “Quand vous allez traverser la Loire, vous nous appelez et on vous enverra le point de chute, on vous dira où est-ce qu’on rejoint les collègues”. L’objectif, c’est le rassemblement du 8 janvier dans les rues de la capitale. Là encore, il est question de démonstration de force et porter les revendications. “Ici, on a affaire qu’à des bons à rien. On va chercher les gens capables, peut-être, pour avoir des solutions” lâche la présidente de la chambre d’agriculture. Plusieurs jeunes vont accompagner ce convoi qui va traverser le pays. “On fait ça pour eux” appuie Karine Duc. La colère agricole risque d’être bruyante dans les rues de Paris. Avec ou sans tracteur.

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