D’après les premiers éléments de l’enquête, le drame a été provoqué par des bougies étincelantes entrées en contact avec une mousse acoustique posée au plafond du sous-sol de l’établissement. Des interrogations portent aussi sur la présence et l’accès aux extincteurs, et la conformité des voies de sortie de ce bar, Le Constellation.
Voici un témoignage qui n’aidera pas les Moretti… Éric Dosdo, l’ex-gérant du bar Le Constellation à Crans-Montana, s’est exprimé auprès de la presse suisse ce 12 janvier. L’homme qui vit désormais en France, à Lyon, a tenu l’établissement nocturne de 2005 à 2015. Son intervention médiatique survient près de deux semaines après l’incendie qui a coûté la vie à 40 personnes et fait 116 blessés.
Éric Dosdo est notamment revenu sur les changements effectués par le couple. “Il n’y avait pas de piste de danse dans le bar”, a-t-il assuré à RTS. Le Constellation n’était constitué que “de parties plus ou moins aménagées en salon. En bas, à l’époque, on avait pas mal de jeux, trois billards, un jeu de fléchette… Des jeux pour tous”.
Mousse, heure de fermeture et extincteurs
D’après les premiers éléments de l’enquête, le drame a été provoqué par des bougies étincelantes entrées en contact avec une mousse acoustique posée au plafond du sous-sol de l’établissement. “On n’avait pas de mousse, on n’avait pas besoin d’acoustique réellement. On n’avait pas de consonance de boîte de nuit, et on arrêtait au plus tard à une heure du matin”, a assuré Éric Dosdo, photos à l’appui.
Des interrogations portent aussi sur la présence et l’accès aux extincteurs, et la conformité des voies de sortie de ce bar, Le Constellation. Une fois de plus ; l’ancien gérant est formel : à son époque, il y avait “six extincteurs”. Lors du drame, il n’y en avait qu’un seul.
Éric Dosdo a aussi mis en cause la taille des escaliers menant au sous-sol. Selon lui, ils ont été réduits après des travaux menés par le couple Moretti. “Je ne comprends pas pourquoi les escaliers ont été réduits à ce point-là. Certainement, pour les rendre plus jolis”, a-t-il commenté. Selon l’enquête, 34 des 40 victimes décédées à Crans-Montana ont été retrouvées bloquées au pied de cet escalier, trop étroit pour permettre à toutes les personnes présentes de fuir.
Le couple est soupçonné d'”homicide par négligence, de lésions corporelles par négligence et d’incendie par négligence”. Un tribunal du canton du Valais a ordonné ce lundi le placement en détention provisoire de Jacques Moretti, copropriétaire avec son épouse du bar de la station de ski suisse “pour une durée initiale de trois mois”.

