Le demi de mêlée de l’US Montauban Maël Castel a inscrit le premier essai de sa carrière en match professionnel, samedi 3 janvier 2026, lors de la défaite de son club contre Clermont (19-34) pour la 14e journée de Top 14. À 21 ans, il s’affirme comme l’un des grands espoirs du club montalbanais.
80e minute de jeu du match Montauban-Clermont, samedi 3 janvier 2026. Jérémie Maurouard dispose d’une touche offensive à 25 mètres de la ligne clermontoise. Le talonneur de l’USM parvient à trouver, en bout d’alignement, son deuxième ligne Tjiuee Uanivi. Le Namibien transmet la balle à son compère de troisième ligne Sikhumbuzo Notshe, lequel retrouve son numéro 9.
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Maël Castel dispose à son extérieur des deux Maxime (Espeut et Mathy). La troisième ligne auvergnate, notamment Selevasio Tolofua, est en retard et sur les talons. Castel accélère, crochète l’ailier Bautista Delguy avant de raffûter le dernier défenseur qui revient en travers. C’est l’heure du plongeon dans l’en-but.

“J’ai entendu le bruit des supporters dans les tribunes”
Le jeune demi de mêlée sapiacain signe le premier essai de sa carrière professionnelle et clôt la marque de la rencontre (19-34). Tout un symbole pour ce Montalbanais pur jus de 21 ans qui a grandi au gré des exploits de certains avec qui il partage l’affiche aujourd’hui.
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“Je ne savais pas si j’allais avoir le ballon parce qu’on a connu un enchaînement de touches difficile, retrace le joueur casqué. Normalement, il y a une combine prévue entre l’ailier et le centre mais je vois qu’il y a personne alors j’ai voulu prendre l’initiative. Tout le long de ma course, j’ai entendu le bruit des supporters dans les tribunes”, raconte Maël Castel.
“J’ai réussi à profiter du moment”
Une initiative qui a plu à son manager Sébastien Tillous-Borde, qui connaît si bien la situation qu’a vécue son poulain, lui l’ancien numéro 9. “Son essai est beau, il prend l’espace, crochète, accélère… C’est un joli essai et c’est un beau clin d’œil pour lui d’avoir marqué de cette manière. Tout le monde vient le féliciter juste après”, savoure STB.
À ce moment-là, Castel ne semble pas tellement savourer le moment, malgré les congratulations de ses compères. Il nuance. “J’ai quand même réussi à profiter du moment même s’il fallait qu’on reparte pour essayer de marquer à nouveau”, pointe Castel.
“J’ai eu des frissons”
Car à 30 secondes de la sirène, l’USM peut encore glaner un point de bonus défensif si Thomas Fortunel parvient à passer la transformation. Malheureusement, l’ouvreur, un peu excentré et pressé par le temps, ne parvient pas à régler la mire.
À froid, Castel décrit les sentiments qui l’ont traversé. “J’ai eu des frissons, de la joie, je regardais le public, j’essayais de garder les images, les bruits, les sensations pour que ça reste dans ma tête pour toute ma vie… C’était en plus du côté des associations de supporters que j’ai marqué. C’est énorme parce que tu repenses à toutes ces années où t’étais spectateur et où t’as explosé de joie quand t’as vu un essai. Et là, c’est toi qui marques. C’est énorme”, répète-t-il.
Le judo et le rugby à 5 ans
Celui qui a commencé par le judo – “j’aimais tous les sports de combat” –, est tout de même rapidement venu au rugby, à 5 ans, à l’USM déjà. “C’était un peu par hasard. Je me suis accroché et j’y suis resté. J’avais évidemment le rêve, comme tous les gamins qui commencent, de devenir professionnel. Mais on n’y croit pas forcément au départ.”
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Alors il se rend à tous les matchs en tribunes. Il se souvient notamment de la demi-finale de Fédérale 1 contre Lille en 2014. “C’est un moment marquant, je n’avais jamais vu autant de monde à Sapiac. En plus, avec l’école de rugby, on nous avait présentés à la mi-temps, on avait fait un tour d’honneur”, explique Maël Castel.
“Démarrer l’année où on est champion, c’est fabuleux”
Quelques années plus tard, après une première feuille de match où il n’était pas entré en jeu à Agen (saison 2023-2024), Castel connaît sa première titularisation contre Angoulême le 6 décembre 2024 (20-27).

“J’avais fait 80 minutes pleines même si on avait perdu ce jour-là. Plus globalement, faire mes premiers matchs l’année où on est champion de France, c’est fabuleux. Et être encore plus intégré au groupe professionnel cette année en Top 14, c’est indescriptible. Même si chaque erreur se paie cash.”
À l’écoute des conseils de ses pairs
Il en a payé le prix contre la Section paloise deux semaines plus tôt, se faisant intercepter sa passe sur le même lancement de jeu après la sirène, envoyant bien malgré lui Fabien Brau-Boirie à l’essai (17-53). Mais Castel est à l’écoute de ceux qui sont passés par là – Thomas Bué, Noa Kanika, Kyllian Ringuet par exemple –, ses autres collègues, Hugo Zabalza et Joe Powell, et de son manager Sébastien Tillous-Borde.

“Il me donne beaucoup de conseils, notamment sur la technique individuelle, la passe ou le jeu au pied. Il regarde beaucoup, passe du temps avec moi, c’est super cool. C’est quelqu’un que j’ai regardé à la télévision. C’est impressionnant de pouvoir se nourrir de son expérience aujourd’hui”, conclut Maël Castel. À 21 ans, le jeune homme a l’avenir devant lui. Il est sous contrat espoir jusqu’en 2027 et peut devenir l’un des chouchous du public sapiacain.

