Après un barrage filtrant lundi, le blocage de la frontière franco-espagnole à Fos s’est durci ce mardi avec une fermeture totale du passage. Les agriculteurs de Haute-Garonne dénoncent l’absence de solutions face à leurs revendications.
Ils l’avaient annoncé dès lundi. La situation s’est brusquement tendue ce mardi matin au point de passage transfrontalier de Fos, dans le sud de la Haute-Garonne. Les agriculteurs, qui maintenaient jusqu’alors un barrage filtrant sur le rond-point principal, ont décidé de paralyser l’intégralité du trafic routier. Un tracteur est désormais stationné en travers de la chaussée pour interdire tout accès, obligeant les véhicules à rebrousser chemin.

Cette action marque une rupture avec l’organisation des jours précédents où seules les marchandises étaient visées. Jusqu’à présent, les voitures particulières pouvaient circuler tandis que les camions étaient déviés vers d’autres points de passage frontaliers. Hier, seuls les flux logistiques de la grande distribution internationale étaient concernés.
Les manifestants estiment que les récentes discussions n’ont pas abouti. “Hier ils ont déjà voulu nous intimider avec les centaures. Au final ils nous proposent la même chose aujourd’hui donc nous, on va tout bloquer complètement”, annonce un agriculteur présent sur place. Le climat reste extrêmement tendu entre les exploitants et les représentants de l’État.
Les revendications portent sur la dermatose nodulaire, mais désormais une meilleure rémunération des producteurs et une protection accrue contre la concurrence étrangère jugée déloyale. Les agriculteurs affirment vouloir maintenir la pression tant que des mesures concrètes ne seront pas annoncées par le gouvernement.
“Il est essentiel de défendre notre souveraineté alimentaire”
Et ils ne sont pas seuls à la frontière. “Cette population de paysans veut se faire entendre car ils ont l’impression de subir un acharnement sur leur profession, pourtant si essentielle. C’est difficile de se faire entendre sans déranger personne. L’idée c’était de faire une action symbolique pour ne pas déranger les usagers de la route mais simplement faire repartir les camions. Il est essentiel de défendre notre souveraineté alimentaire”, insiste Pascal Penetro, le maire de Fos, venu pour leur assurer de son soutien.
Son homologue de la commune de Melles, Alban Dubois, est aussi sur place. “On est en train d’assassiner nos agriculteurs et d’empoisonner la population avec ce libre-échange, assure-t-il. On peut s’inquiéter de la disparition de ce monde agricole. Ce sont les jardiniers de notre territoire qu’on le veuille ou non”. Avant d’ajouter, “soutenir les agriculteurs c’est tout un chacun, acheter mieux aujourd’hui”.
Mais les représentants de la gendarmerie présents sur place ont donné l’ordre de débloquer complètement la circulation.

