January 5, 2026

L’heure des décisions pour éviter une nouvelle mobilisation

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L’éleveur aveyronnais Éloi Nespoulous, président de la Coordination rurale d’Occitanie, revient sur la levée des barrages et assure que le combat n’est pas terminé. Il est également attendu aujourd’hui à Paris pour rencontrer Sébastien Lecornu. Entretien.

Pourquoi la Coordination rurale a-t-elle décidé de lever les points de blocage à Sévérac et à Baraqueville ?

Pour être en forme en janvier et repartir de plus belle. Nous avons été obligés également de retourner dans nos fermes pour y travailler. Il s’agit d’un repli stratégique mais pas définitif. Nous sommes également satisfaits de savoir que des stocks de vaccins sont arrivés pour l’Aveyron.

Que prévoyez-vous pour la suite ?

J’ai le privilège de faire partie de la délégation qui va rencontrer le Premier ministre lundi soir à 18 heures. Nous allons voir s’il annonce un grand plan Marshall pour l’agriculture, et s’il commence enfin à écouter les revendications de la Coordination rurale sur l’abattage total, le Mercosur, ainsi que les contraintes et les entraves administratives.

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S’il n’y a pas de grandes annonces – et malheureusement nous sommes pessimistes – les tracteurs sont attelés et nous allons ressortir. Sous quelle forme ? Nous ne savons pas encore s’il faudra aller défendre des exploitations touchées par la DNC (un nouveau cas a été déclaré en Ariège, NDLR), ou bien aller manifester à Toulouse ou dans la capitale.

Sur quel point aimeriez-vous être entendu en priorité ? Avez-vous une hiérarchie dans vos revendications ?

Non, pas vraiment. En réalité, l’abattage total a été la goutte d’eau qui a fait déborder le vase. On sait que d’autres pays gèrent ça différemment, il suffit d’observer les protocoles sanitaires en Suisse ou au Japon. On ne comprend pas pourquoi on ne s’en inspire pas en France ! Bien sûr, il y a également le Mercosur et toutes les normes, qui sont souvent issues de surtranspositions de l’administration française qui fait du zèle par rapport aux directives européennes.

Comment envisagez-vous l’avenir ? Craignez-vous une arrivée de la DNC en Aveyron ?

On la craint d’autant plus que l’on entend beaucoup de choses. Certains vétérinaires disent que si nous n’avons pas plusieurs mois de grand froid, la DNC reviendra en force au printemps. D’autres prétendent que la maladie pourrait être transportée par des porteurs sains, comme le gibier. Tout cela reste à confirmer, mais ce sont des bruits inquiétants.

À la Coordination rurale, nous nous sommes consultés avec nos collègues de Lozère et du Cantal et nous demandons une vaccination généralisée des bovins à partir de début février.

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Cela laisse le temps aux marchands de s’organiser et d’exporter les veaux à l’étranger, mais on pense qu’il est nécessaire d’immuniser nos bêtes avant de les sortir au printemps. On nous parle en permanence du principe de précaution, mais on préfère l’appliquer à nos troupeaux plutôt qu’au marché extérieur !

Nous sommes conscients que c’est à double tranchant, que nous pouvons nous mettre à dos les personnes qui vendent à l’étranger, mais on aime mieux prévenir que guérir.

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