December 31, 2025

Colère agricole : retour à la normale sur les routes, mais qui va payer la remise en état, estimée à plusieurs centaines de milliers d’euros ?

l’essentiel
À l’exception de Séméac où l’A64 est toujours inaccessible, les derniers points de blocage étaient en passe d’être levés ce mardi soir, notamment sur la RD 935 au niveau de Vic-en-Bigorre. Une remise en état qui s’annonce onéreuse. Reste à savoir pour qui ?

Sur le réseau routier des Hautes-Pyrénées, les cicatrices de la colère du monde agricole restent vives même si le trafic est désormais quasi rétabli. Derniers points de blocages qui devaient être levés ce mardi soir ou au plus tard mercredi matin, aux abords de Vic-en-Bigorre sur la RD 935. Après les barrages de Maubourguet et Castelnau-Rivière-Basse, les agents du conseil départemental sont intervenus pour rétablir la circulation à la veille du réveillon, sur l’axe Bordeaux-Pyrénées, sur les trois points fermés par des barrages : le rond-point de Camalès, celui de Vic et le tourne à droite entre Vic et Maubourguet. “Six agents ont été mobilisés dès ce mardi matin et durant toute la journée, avec l’appui d’un chargeur pour évacuer de la chaussée les dépôts en tout genre, précise Bernard Duclos, responsable des routes au conseil départemental. Car certains ont profité de la situation pour déverser des déchets qui ne proviennent pas de fermes. Pour l’instant, nous nous sommes contentés de pousser ces éléments hors de la chaussée. Les agents ont procédé au nettoyage, avec l’appui de la gendarmerie et l’intervention également des pompiers. Viendra dans un second temps, la question de l’enlèvement de ces dépôts, de leur évacuation et du retraitement.”

La circulation sur la RD935, qui relie Bordeaux et les Pyrénées, devait être rétablie au plus tard ce mercredi matin au niveau de Vic-en-Bigorre.
La circulation sur la RD935, qui relie Bordeaux et les Pyrénées, devait être rétablie au plus tard ce mercredi matin au niveau de Vic-en-Bigorre.
NR

Désormais ne demeure donc plus qu’un seul point de blocage, au niveau du rond-point de Séméac où l’accès à l’A64 est toujours fermé. Mais pour l’heure, difficile d’estimer le coût de cette remise en état et surtout du traitement et de la revalorisation de ces déchets. Selon une première estimation, le volume total est évalué à plus de 4 000 m3 sur l’ensemble des sites de blocage. Au niveau de Vinci autoroutes, on assure que “les déchets ont été retirés et stockés sur une plateforme du domaine autoroutier par des prestataires appuyés par les agents. Ils devront ensuite être triés et valorisés.”

“Chacun doit prendre ses responsabilités”

Reste la question de la facture, douloureuse. “On interroge la mairie de Tarbes, la DIRSO, Vinci, le conseil départemental pour avoir un chiffrage exact du coût d’enlèvement, de remise en état mais aussi de retraitement” précise la préfecture qui ne s’avance pas. “Mais surtout qui va payer tout ça, s’interroge Michel Pélieu, le président du conseil départemental. On n’a pas encore un état des lieux précis mais il y en a pour plusieurs centaines de milliers d’euros, peut-être un million. Il n’y a pas que des dépôts, il y a des dégradations. On est en contact avec nos interlocuteurs Veolia, PSI pour savoir où et comment évacuer tout ça.”

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Lors du précédent mouvement début 2024, le département avait mis la main à la poche pour la remise en état. “On avait fait l’effort, mais là, il est hors de question que le département assume le coût de tout ça alors que notre collectivité n’est pas responsable du problème des éleveurs. Nous sommes solidaires des agriculteurs sur le fond. Même si je condamne la forme. Nous allons tirer au clair le coût de ces opérations et je réunirai le conseil départemental la semaine prochaine. Mais chacun doit prendre ses responsabilités : l’État, les instances agricoles, l’Europe et sa PAC… Ce n’est pas le département, nullement responsable de la situation actuelle, qui va assumer ça, même s’il prendra sa juste part.”

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