La cuisine comme seconde jeunesse : la Gersoise Dominique Lagrange, 57 ans, raconte le parcours de sa reconversion professionnelle, entre défis, rencontres et passion retrouvée aux fourneaux à Bassoues.
Dominique Lagrange n’a pas froid aux yeux. À 57 ans, alors qu’elle approche de la retraite, après une perte d’emploi liée à des soucis de santé, elle décide de se reconvertir dans la cuisine. Un choix audacieux, presque fou pour certains, mais qui s’impose à elle comme une évidence.
“Il me restait encore quatre ans avant la retraite, il fallait que je trouve un emploi qui me plaise vraiment”, confie-t-elle. Après des années passées comme aide-soignante, auxiliaire de vie, ou encore dans la vente et l’hôtellerie, c’est un petit job en boulangerie-snacking qui va tout déclencher. “J’ai découvert que la cuisine me plaisait, que j’aimais le contact avec les clients, la vente…”
Parcours du combattant
La reconversion n’est pas un long fleuve tranquille. Dominique se heurte d’abord à l’incompréhension des conseillers de France Travail, qui lui proposent des postes dans la vente. “Ils étaient un peu réticents, je faisais un sacré virage”, sourit-elle.
Elle trouve seule sa formation en Cuisine en alternance au CFA de Pavie, avec une baisse de salaire pendant 10 mois. “Pendant la formation, il y avait des mois où je touchais à peine 800 ou 900 €. Mais je ne regrette rien.”

Son parcours est jalonné de rencontres déterminantes. Le chef du Pica-Pica qui lui dit : “Vous n’êtes pas vieille, foncez !” Puis, des amis cuisiniers qui l’encouragent : “Si ça te plaît, vas-y !” Dominique se lance. “Au Bistrot de la Patte d’Oie, j’ai appris la décoration des plats, les sauces, la découpe… Le stress du coup de feu, parce que c’est une brasserie où le midi est infernal ! Et aussi à m’imposer.” Elle exerce aussi aux cuisines de Ciné 32, où elle découvre la cuisine exotique, les desserts et les épices.
Passion chevillée au corps
Dans chaque restaurant, elle apprend les rudiments, les astuces de chefs bienveillants et pédagogues, et surtout, elle affermit sa passion du métier. Aujourd’hui, Dominique travaille au restaurant de Bassoues, Lou Bassouas. “J’ai répondu à un recrutement de commis de cuisine. Je ne me considère pas comme une cuisinière accomplie, il me reste tellement à apprendre. Mais ils ont décidé de me confier les entrées et les desserts !” Et puis, elle peut même s’essayer au chaud… C’est que les cuisiniers ne courent pas les rues. Dominique constate avec tristesse que beaucoup de jeunes abandonnent le métier, préférant des postes moins exigeants physiquement. “Ils ont des capacités, mais ils partent en sandwicherie ou en kebab. C’est dommage, mais c’est leur choix.”
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Malgré la fatigue et les kilomètres qui pèsent, Dominique ne regrette rien. “Me reconvertir comme ça à mon âge, je ressens ça comme une victoire, un défi et une nécessité. Une nécessité, parce que je voulais rester active jusqu’à la retraite. Parce qu’il faut faire un métier qui plaît. Un défi parce que j’y suis arrivée. Et une victoire parce que je suis en poste.”

