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Le Nouvel Obs avec AFP
Zohran Mamdani lors de sa cérémonie d’investiture dans une station de métro désaffectée située sous l’hôtel de ville, à New York, le 1er janvier 2025. AMIR HAMJA/AFP
Le nouveau maire démocrate de New York Zohran Mamdani a promis jeudi 1er janvier, au premier jour de sa prise de fonction, de « donner l’exemple au monde » en montrant que « la gauche peut gouverner » dans un discours à l’occasion de son investiture. « Beaucoup nous observeront. Ils veulent savoir si la gauche peut gouverner. […] Ils veulent savoir si les difficultés qui les touchent peuvent être résolues. Alors, unis, portés par notre détermination, nous ferons ce que les New-Yorkais font mieux que quiconque : nous allons donner l’exemple au monde », a lancé l’élu de 34 ans.
Devant un parterre de milliers de personnes rassemblées dans le froid aux pieds de l’hôtel de ville à Manhattan, le nouveau maire, issu de la petite formation des Socialistes démocrates d’Amérique, a assuré qu’il ne renierait pas ses promesses de campagne, basée sur la lutte contre la vie chère.
« Service universel de garde d’enfants », « gel des loyers », « bus rapides et gratuits »… « A partir d’aujourd’hui, nous gouvernerons avec ampleur et audace », a-t-il lancé. « Nous ne réussirons peut-être pas toujours, mais jamais on ne pourra nous reprocher d’avoir manqué de courage et d’avoir essayé », a-t-il ajouté.
« J’ai été élu en tant que socialiste démocrate, je gouvernerai comme un socialiste démocrate », a encore promis le nouveau maire de Big Apple.
Trêve avec Donald Trump
Il n’a mentionné qu’une fois le nom de Donald Trump, pour dire qu’il entendait répondre aux attentes des électeurs ayant voté pour le républicain à la présidentielle de novembre 2024, souvent motivés par la hausse du coût de la vie.
Potentiel signe que la trêve entre les deux hommes se poursuit depuis leur rencontre à la Maison-Blanche fin novembre, au cours de laquelle ils avaient fait assaut d’amabilité l’un envers l’autre, contrastant avec une campagne très tendue.
Après une première prestation de serment faite à minuit dans une ancienne station de métro désaffectée devant Letitia James, la procureure démocrate de l’Etat de New York et ennemie déclarée de Donald Trump, c’est devant Bernie Sanders, le champion de la gauche américaine, que le nouveau maire a une nouvelle fois prêté serment dans l’après-midi.
« A un moment de l’histoire de notre pays où nous voyons trop de haine, trop de division et trop d’injustice, merci d’avoir élu Zohran Mamdani pour maire de New York ! », a lancé à la foule le sénateur du Vermont de 84 ans.
« Espoir »
Comme il l’avait fait quelques heures plus tôt, c’est sur un exemplaire du Coran que le premier maire musulman de l’histoire de la ville a prêté serment, aux côtés de son épouse, l’illustratrice et céramiste Rama Duwaji.
Autre star des progressistes américains, Alexandria Ocasio-Cortez, élue de New York à la Chambre des Représentants, est montée sur scène au son des premières notes de « NUEVAYoL » de Bad Bunny, qui rend hommage à New York et à la culture portoricaine. En ces « temps intenables », la ville a « choisi le courage plutôt que la peur ! », a-t-elle lancé à la foule.
Dans l’assistance, Ken Foster, 61 ans, employé de mairie, qui avait rejoint la campagne de Zohran Mamdani au printemps, se réjouit : « C’est assez incroyable que nous en soyons arrivés à ce moment, et de le voir effectivement prendre ses fonctions. »
« Nous avons soutenu beaucoup de campagnes politiques par le passé qui ont très mal fini, et c’est la première fois de notre vie, à l’un comme à l’autre, que nous ressentons un semblant d’espoir politique », rapporte pour sa part Jacob Byerly, scientifique de 31 ans, aux côtés de son épouse Auburn Byerly, dessinatrice en architecture de 34 ans.
Etroitement scruté et surveillé
Jeune élu local du Queens sans longue expérience politique, Zohran Mamdani aura fort à faire pour mettre en œuvre ses promesses de campagne, qui ont suscité une grande attente auprès de la population.
A quelques mois des élections de mi-mandat de novembre 2026, ses réussites et ses échecs seront également scrutés à la loupe par le camp démocrate, qui continue de chercher l’inspiration pour s’opposer à Donald Trump.
Soutien de longue date de la cause palestinienne, extrêmement critique sur la politique d’Israël, l’élu se sait en outre étroitement surveillé sur la question de la défense de la communauté juive, sur fond de montée de l’antisémitisme à New York comme ailleurs aux Etats-Unis.
Depuis son élection, une de ses recrues a démissionné après la révélation de messages antisémites qu’elle avait postés dans sa jeunesse sur les réseaux sociaux.

