Des dizaines d’agriculteurs ont répondu à l’appel de la Confédération paysanne et de la Coordination rurale, ce jeudi 1er janvier, devant la sous-préfecture de Pamiers, dont les grilles ont été noyées sous les balles de paille et les gravats. “L’État ne nous respecte pas, nous ne le respectons pas non plus”, soulignait Sébastien Durand, leader de la CR09.
“À leur place, je ferais pareil. Ils ont vraiment raison. Ils défendent leur outil de travail et leur gagne-pain. C’est normal qu’ils réagissent comme ça”, commente une mère de famille, qui assiste au ballet des camions et des tracteurs aux bennes lourdement chargées, devant la sous-préfecture de Pamiers. Parmi les agriculteurs mobilisés, cette productrice installée entre Pailhès et Pamiers, mobilisée comme au premier jour : “J’étais à Tarascon-sur-Ariège, puis à Foix, et avant aux Bordes-sur-Arize, bien sûr”, égrène-t-elle.
“On ne se laissera pas abattre”
Ce jeudi 1er janvier, vers 22 heures, un tout petit groupe s’était réuni devant le bâtiment officiel. “Plutôt nourrir que mourir, non à l’abattage total”, “Vous êtes en train de tuer nos paysans”, “On ne se laissera pas abattre pour l’avenir de nos enfants”: Alors que les tracteurs se faisaient attendre, des banderoles étaient installées sur les grilles qui entourent la sous-préfecture. Par petits groupes, des dizaines d’agriculteurs se sont ensuite rassemblées, et un immense cortège de tracteurs s’est formé. Balles de paille et gravats ont été méthodiquement tassés contre la haute enceinte, surveillée par un tout petit effectif de policiers.

“L’État se moque de nous”
“L’État se moque complètement de nous. Avec cette ministre de l’Agriculture, on parle à un mur. Ça suffit. Hier, à l’heure où le préfet est venu dialoguer avec nous sur le barrage, à Foix, la sous-préfète annonçait à un éleveur l’abattage de son troupeau. C’est se moquer de nous”, soulignait Sébastien Durand, leader de la coordination rurale 09. “Des vaches vaccinées depuis le 18 décembre, c’est une catastrophe. C’est impensable. D’autant qu’en vaccinant, on se met des pénalités sur les exportations, tandis que le cours se casse la figure et qu’on continue à les alimenter”, ajoutait-il. Seul motif de satisfaction : la mobilisation de ce jeudi soir, “à trois endroits en même temps, Pamiers, Foix et Saint-Girons”, faisait remarquer le responsable syndical.


