Une collision aérienne entre un Boeing 777 et un Boeing 747 a-t-elle été évitée in extremis au-dessus de Bruxelles ? Des photos prises le week-end dernier montrent deux avions de ligne se croiser de très près. Pour autant, la sécurité aérienne n’a pas été compromise. Explications.
C’est une image rare qu’a capturée Philippe Deweert dans le ciel belge le 28 décembre dernier. À 16 h 33, à une trentaine de kilomètres à l’est de Bruxelles, cet habitant a photographié deux avions de ligne se croisant à très faible distance à plus de 10 000 mètres d’altitude. Les clichés qui immortalisent cette rencontre sont saisissants.
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On y voit un Boeing 747-400 de Cargolux passer juste en dessous d’un Boeing 777 de Qatar Airways. Avec l’effet d’optique, la collision entre les deux appareils semble inévitable, pourtant il n’en est rien… Si les photos sont impressionnantes, les avions se trouvent néanmoins à bonne distance l’un de l’autre et respectent la réglementation en matière de sécurité aérienne. Le contrôle aérien n’a donc rien à se reprocher.

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Le Boeing 747 de la compagnie aérienne cargo luxembourgeoise effectuait la liaison Luxembourg – Atlanta. Au moment du croisement avec le Boeing 777 qatari, l’avion-cargo était en montée pour rejoindre une altitude de 10 360 mètres (34 000 pieds). Selon les données du site spécialisé Flightradar24, il se trouvait à environ 10 135 mètres d’altitude (33 250 pieds) lorsqu’il a croisé la route de l’autre appareil. Le Boeing 777 de Qatar Airways parti de Londres (Royaume-Uni) pour Doha était, lui, à son altitude de croisière, soit à 10 670 mètres (35 000 pieds).

Lorsque leurs chemins se sont croisés, la distance verticale entre les deux avions était donc d’environ 500 mètres. La séparation réglementaire fixée à 305 mètres (1 000 pieds) au minimum a donc été respectée. Si cela n’avait pas été le cas, les systèmes anticollision (TCAS) des deux avions se seraient automatiquement déclenchés. Les pilotes de chaque appareil auraient alors reçu des consignes pour s’éloigner l’un de l’autre. Cette fois-ci, cela n’a pas été nécessaire.

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Pour mémoire, la dernière collision en vol entre deux appareils remonte au 29 janvier 2025 à Washington (États-Unis). L’accident entre un avion de ligne Bombardier CRJ700 en phase d’atterrissage et un hélicoptère UH-60 Black Hawk de l’armée américaine avait fait 67 victimes. Le système TCAS n’est pas à incriminer. Ce dispositif n’est en effet pas utilisé lors des phases de roulage, d’atterrissage et de décollage, car avec le trafic environnant, il se déclencherait sans arrêt.

