March 1, 2026

TÉMOIGNAGE. Frappes en Iran : "Cette nuit était apocalyptique"… Bloquée à Dubaï, cette famille toulousaine raconte l’angoisse

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Partie pour un séjour familial, Margot, une Toulousaine de 34 ans, se retrouve bloquée dans un hôtel de Dubaï avec sa famille et ses proches. Entre interceptions de missiles et vols annulés, elle raconte l’ambiance électrique et l’incertitude du retour vers la Ville Rose.

Sens du timing… Margot, son mari, son fils et plusieurs de leurs amis sont arrivés dans la matinée du samedi 28 février à Dubaï, dans le cadre de leurs vacances. Ils devaient initialement y rester pendant cinq jours, jusqu’à mercredi. Mais la guerre a bouleversé leurs plans.

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Désormais, les 11 Toulousains vivent au rythme des alertes gouvernementales et des interceptions de missiles en plein ciel émirati. Car au même moment, les États-Unis et Israël ont décidé de frapper Téhéran, parvenant notamment à éliminer le guide suprême, l’ayatollah Ali Khamenei. L’Iran a riposté et cible des infrastructures américaines situées dans plusieurs pays du Moyen-Orient, dont le Qatar.

“Tout tremble autour de nous”

Avec dix proches – sept adultes et quatre enfants – Margot séjourne dans un palace situé sur l’île artificielle de Palm Islands. Un décor de carte postale devenu, en quelques heures, un lieu d’attente et d’inquiétude. Car si la ville n’est pas directement bombardée, les missiles interceptés dans le ciel passent au-dessus du complexe hôtelier. “On est sur la trajectoire. Quand les systèmes de défense les détruisent, ça fait d’énormes ‘boum’. Tout tremble autour de nous. C’est très impressionnant”, confie la maman de 34 ans, jointe au téléphone ce dimanche midi.

La nuit dernière, deux alertes gouvernementales ont retenti sur leurs téléphones, demandant de s’éloigner des fenêtres et de se réfugier dans les couloirs. Dans l’immense hôtel, les terrasses et les espaces extérieurs ont été fermés. Les touristes, eux, tentent de garder leur calme. “Les employés restent très sereins, ça aide beaucoup”, observe l’assistante bancaire. Pourtant, la tension est palpable et chaque bruit devient une source de stress. “Hier soir, au restaurant, une fourchette est tombée et plusieurs clients ont sursauté. Tout le monde est à cran.”

L’inconnu du jour de départ

Pour passer le temps, cette habitante de La Salvetat et ses proches peuvent compter sur les nombreuses activités internes à l’hôtel. Au-delà des bruits et de la nuit très agitée – “elle fut apocalyptique” –, c’est l’incertitude qui pèse le plus. Le groupe devait rentrer mercredi à Toulouse. Leur vol a été annulé. “Sur onze personnes, seuls mon mari, mon fils et moi avons trouvé une place pour vendredi. Pour les huit autres, on ne sait pas. On appelle la compagnie en boucle.”

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Depuis la Ville rose, leurs proches suivent la situation avec angoisse, envoyant à Margot de nombreux messages, parfois alarmants. “Certains nous disaient que l’aéroport avait été bombardé. En réalité, c’était un débris intercepté qui a provoqué un incendie. Quand je me suis réveillée ce matin, ils étaient très inquiets. Les informations circulent très vite, et parfois elles amplifient la peur.”

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Dans ce calme fragile, la Toulousaine guette chaque heure sans explosion. “Ce qui est le plus difficile, c’est de ne pas savoir quand on rentrera.” En attendant, derrière les vitres de l’hôtel, le ciel reste surveillé – et chaque silence devient un soulagement.

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