August 24, 2025

Corps retrouvés dans la Seine : potentiel tueur en série, piste de crimes homophobes, fausse identité… ce que l’on sait du principal suspect

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L’homme suspecté d’être à l’origine des meurtres des quatre victimes retrouvées dans la Seine a été mis en examen dimanche 24 août. Silence en garde à vue, mobile, liens avec les victimes… L’enquête se poursuit autour de ce possible tueur en série.

Le principal suspect des meurtres des quatre hommes retrouvés dans la Seine, à Choisy-le-Roi (Val-de-Marne) le 13 août dernier, a été présenté ce dimanche 24 août à un juge puis mis en examen, révèle Le Parisien.

Un tueur en série sous une fausse identité

Le suspect s’est présenté à la police sous l’identité d’Ahmed Ben Ali, né en Algérie. En réalité, il s’appellerait “Mongi”, et serait tunisien. Avec quatre meurtres en 16 jours, il pourrait être défini comme un “tueur en série”. Arrivé en France il y a trois ans, l’homme vivait dans un squat depuis huit mois, en situation irrégulière, à quelques dizaines de mètres du lieu de découverte des corps.

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Le suspect, âgé d’une vingtaine d’années, était connu des services de police. Il avait notamment commis un vol avec dégradation dans un véhicule en janvier 2025. Il devait être jugé pour cet acte en septembre 2025.

Il connaissait deux victimes

Le 26 juillet 2025, la première victime, Abdallah, 21 ans, disparaît près du squat habité par le suspect. D’après des témoignages et des photos, Mongi et lui se connaissaient, bien que le suspect ait déclaré l’inverse. Le lendemain de la disparition, le jeune Tunisien est soupçonné d’avoir utilisé la puce du téléphone portable du disparu.

Le 31 juillet, Amir, un jeune homme de 26 ans, disparaît également. Il se rendait régulièrement dans le squat où vivait Mongi pour dormir lorsqu’il n’avait pas de toit. Le lendemain, le suspect aurait utilisé la carte bancaire de la victime pour effectuer un achat.

Le 4 août, un homme prénommé Sami, âgé de 21 ans, était au téléphone avec un proche alors qu’il marchait près de la Seine. Soudain, il s’exclame “oh pardon monsieur !” avant que la ligne ne se coupe. Le 11 août, Franz, un résident de Créteil âgé de 48 ans, disparaît à son tour.

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Le suspect avait les téléphones et des documents de deux disparus

Le 5 août, avant la découverte des corps, une équipe de police s’est rendue au squat pour procéder à des contrôles. En fouillant le suspect, ils retrouvent deux téléphones portables ainsi que des papiers d’identité et des cartes bancaires. Ces éléments appartiennent à Abdallah et Sami.

Cependant, à ce moment-là, ces jeunes hommes ne sont pas encore signalés disparus. Mongi a donc été placé en garde à vue pour recel d’objets volés et s’est vu remettre une ordonnance pénale, avant d’être relâché.

La piste de crimes homophobes évoquée

Face à la brigade criminelle, le suspect n’a quasiment rien divulgué. “Mon client a fait usage de son droit au silence comme la loi le lui permet lors de sa garde à vue et s’expliquera ultérieurement sur les faits qui lui sont reprochés”, a fait savoir l’avocat du tueur présumé auprès du Parisien.

Il est donc, pour l’heure, impossible de connaître avec certitude le mobile des crimes. Parmi les théories envisagées, les enquêteurs explorent la piste d’éventuels motifs homophobes derrière les meurtres. En effet, les investigations ont confirmé que Franz, une des victimes, dont le cadavre porte des traces de strangulation, était homosexuel.

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De plus, aux abords du lieu de découverte des corps, se trouve un square connu comme étant un espace où peuvent se rencontrer des hommes gays. Une aversion envers cette communauté pourrait être éprouvée par le suspect, qui pratiquerait, par ailleurs, un islam salafiste, très rigoriste et conservateur.

L’enquête va désormais se poursuivre sous la direction d’un juge d’instruction.

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