À quelques jours de la fin de l’année et des bonnes résolutions à prendre pour 2026, certains auront peut-être l’envie et le déclic de réaliser leurs rêves et de reprendre un commerce. Dans le centre de Figeac (Lot), plusieurs enseignes attendent la relève.
Leurs enseignes font partie du paysage figeacois, pourtant ces commerçants et commerçantes du centre-ville aimeraient bien passer la main pour prendre une retraite bien méritée !
Anne Renaud tient la Boutique du Café et du Thé sur la place Champollion, au 6 rue de Colomb : « C’était une reprise. Quand l’affaire s’est présentée en 2019, je n’ai pas hésité ! J’étais cadre dans le thermalisme en Bourgogne mais je venais souvent à Figeac, et ce magasin était un lieu de retrouvailles avec mes amis, ma famille. Le concept de cette enseigne gourmande, chaleureuse, accueillante m’attirait… et me plaît toujours ! »

Mais aujourd’hui, après une carrière bien remplie, Anne souhaite se rapprocher de son père, en Charentes-Maritimes. Cela fait déjà deux ans que la gérante a envoyé annonce et dossier à la Chambre de Commerce et d’Industrie du Lot. « C’est long de trouver le repreneur ou la repreneuse idéale, mais je sais que cela va venir : l’affaire est idéalement placée et attire une clientèle très fidèle, c’est pourquoi je garde confiance ! »
Un souhait également partagé par Claude et Sylvie Therrien qui ont repris la boulangerie-pâtisserie de la rue d’Aujou en 2012 pour créer l’Arbre à pain. « J’ai commencé à travailler à 14 ans, il y a 46 ans maintenant, j’aimerais bien souffler un peu » confie Claude tout en préparant biscuits Bredele de Noël et galettes des rois. Au comptoir, Sylvie ne cache pas son inquiétude : « Une boulangerie-pâtisserie en centre-ville, c’est une affaire sur les rails ! Et avec les aides, les repreneurs auraient très peu d’argent à investir pour démarrer, soupire la boulangère qui aimerait bien elle aussi prendre du temps pour sa petite-fille et le gîte qu’elle veut développer.
« J’ai bien eu des demandes mais qui n’ont pas eu de suite ! »
Pour Jean-Pierre Tisserant, le cafetier du Bar du Musée « Chez Fab et Léa », la situation est incompréhensible : « J’ai ouvert en 2005. Je travaillais alors dans l’industrie, mais sans doute en raison de mon âge – j’avais alors la cinquantaine j’enchaînais missions d’intérim et CDD, sans jamais me voir proposer de CDI. Alors, quand l’occasion de reprendre ce petit café s’est présentée, je n’ai pas réfléchi longtemps ». Mais aujourd’hui, à bientôt 70 ans, Jean-Pierre aimerait lui aussi transmettre son commerce au cœur de Figeac. « J’ai bien eu des contacts, des demandes de renseignement, des visites, mais qui n’ont pas eu de suite ».

Pour le moment, les démarches entamées par les uns et les autres restent en suspens. « La Chambre de Commerce et d’Industrie nous accompagne avec la chambre des Métiers, mais elles ne peuvent pas faire de miracle ! » déplorent-ils. Alors ils font marcher le bouche-à-oreille, les réseaux sociaux, des sites comme Le bon coin, réalisent de petites vidéos attrayantes, mais le résultat se fait attendre. « Comment expliquer le manque de candidats à la reprise ? se questionne Claude. Pourtant, des jeunes qui veulent travailler dans ces métiers, il y en a ! »
Le manque d’apport financier des uns et la frilosité des banques dans un contexte économique tendu font partie de la réponse. Les clients se réjouissent de garder leurs commerces familiers, mais à terme, sans repreneur, plane la menace de la cessation d’activité. Alors qu’on se le dise, pour que ces commerces, qui confèrent sa vitalité et son attractivité au centre-ville, puissent se transmettre sans trop attendre.
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