Le dernier échange entre Vladimir Poutine et Emmanuel Macron remonte à juillet dernier. ODD ANDERSEN, STEPHANE MAHE / AFP
Il n’y a pas eu d’échange récent entre Emmanuel Macron et Vladimir Poutine et il n’y a pas « pour l’instant » d’entretien prévu, a fait savoir l’Elysée ce vendredi 26 décembre alors que Paris et Moscou – dont les relations sont au plus bas – ont récemment manifesté publiquement leur intérêt d’un contact direct au sommet.
• Poutine prêt à parler à Macron, six mois après leur dernier échange
La semaine dernière, le Kremlin avait fait savoir que Vladimir Poutine était prêt à parler à Emmanuel Macron, répondant à des déclarations en ce sens du président français.
L’Elysée avait jugé cela « bienvenu » et dit que ses équipes aviseraient « dans les prochains jours sur la meilleure manière de procéder », insistant sur le fait que cela devait se faire « en toute transparence » avec Kiev et les partenaires européens.
Le dernier échange entre les deux dirigeants remonte au 1er juillet dernier : ils s’étaient entretenus pendant plus de deux heures par téléphone, la première fois depuis septembre 2022. Ils avaient alors échangé sur le programme nucléaire iranien, et Emmanuel Macron avait demandé à Poutine un cessez-le-feu en Ukraine.
• Moscou fait une « proposition » sur le chercheur Laurent Vinatier
Quelques jours plus tard, jeudi, Moscou a annoncé avoir fait une « proposition » à la France dans l’affaire du chercheur français Laurent Vinatier, emprisonné en Russie depuis juin 2024 et dont Paris exige la libération. Cette annonce surprise a pu être interprétée par certains comme une volonté de reprendre le dialogue avec Paris.
« Une proposition a été faite aux Français concernant Vinatier », a déclaré le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, lors de son point de presse quotidien. « La balle est dans le camp de la France maintenant », a-t-il ajouté, sans autres précisions.
Emmanuel Macron suit « avec la plus grande attention » le sort du chercheur « retenu arbitrairement en Russie », a fait savoir à l’AFP l’entourage du chef de l’Etat, qui « demeure pleinement mobilisé pour obtenir sa libération le plus rapidement possible ». Le ministère français des Affaires étrangères a indiqué jeudi soir à l’AFP que « l’ensemble des services de l’Etat, à Paris et à Moscou, sont pleinement mobilisés pour obtenir la libération au plus vite de Laurent Vinatier », et restent « en contact constant avec ses parents et son épouse ».
Laurent Vinatier, chercheur de 49 ans spécialiste de l’espace post-soviétique, a été condamné en octobre 2024 par un tribunal russe à trois ans de prison pour ne pas s’être enregistré en tant qu’« agent de l’étranger », en collectant des « informations militaires » pouvant être « utilisées contre la sécurité » de la Russie. L’intéressé avait reconnu les faits, mais plaidé l’ignorance. En août, il avait comparu devant un tribunal russe pour des accusations d’« espionnage » risquant d’alourdir considérablement sa peine. L’enquête a été prolongée et il pourrait faire l’objet d’un nouveau procès pour espionnage fin février 2026, selon son avocat français.
• Pas d’échange prévu, mais…
« Il n’y a pas eu d’échange » entre les présidents français et russe, « il n’y a pas pour l’instant de projet d’appel » entre eux et « il n’y a pas de projet de voyage d’Emmanuel Macron à Moscou », a finalement indiqué l’Elysée ce vendredi.
Même si aucun contact n’est prévu à ce stade, Emmanuel Macron « reste mobilisé », a assuré la présidence française. « Il est à l’initiative » sur « le soutien à l’Ukraine de manière très opérationnelle », a-t-elle souligné, se félicitant que le Conseil européen a entériné la semaine dernière un prêt de 90 milliards d’euros pour aider Kiev.
Emmanuel Macron reste aussi « déterminé » à « consolider l’unité entre l’Ukraine, l’Europe et les Etats-Unis » concernant la nouvelle mouture du plan américain, négocié depuis des semaines entre Washington et Kiev. Une nouvelle réunion de la Coalition des volontaires se tiendra en janvier à Paris sur l’épineuse question des garanties de sécurité.

