Les agriculteurs, mécontents des mesures gouvernementales, bloquent routes et exploitations. Ce lundi 15 au soir, ils viennent perturber la visite de la ministre de l’Agriculture à Toulouse.
Ils arrivent lentement, en convoi, tracteurs serrés les uns derrière les autres. Ce lundi 15 décembre, alors que la ministre de l’Agriculture Annie Genevard se trouve en Haute-Garonne pour lancer officiellement la campagne de vaccination contre la dermatose nodulaire contagieuse (DNC), des agriculteurs vont à sa rencontre pour marteler leur opposition. Sur le périphérique toulousain, les engins agricoles avancent à allure réduite en direction de la préfecture.
Depuis plusieurs jours, le département est l’un des épicentres de la contestation agricole. Les blocages se sont multipliés aux péages, sur les autoroutes et devant des exploitations, notamment dans le sud de la Haute-Garonne, où de nouveaux cas suspects de DNC ont été signalés.
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C’est dans ce climat tendu que la ministre a entamé sa journée sur le terrain. La vaccination, qualifiée par le gouvernement de “mesure centrale et déterminante” pour enrayer la propagation du virus, est présentée comme le principal horizon d’espoir pour les éleveurs bovins. Annie Genevard a échangé avec des exploitants, rencontré les équipes de la direction départementale de la protection des populations (DDPP) et les vétérinaires mobilisés, avant de présider une réunion de crise réunissant élus locaux et parlementaires, organisations syndicales agricoles, chambres d’agriculture et services de l’État.
Des garanties insuffisantes…
Mais à la sortie des échanges, le fossé demeure. Les syndicats agricoles, réunis en intersyndicale départementale, estiment ne pas avoir obtenu les garanties qu’ils réclamaient. Ils continuent de dénoncer une politique jugée trop brutale, fondée sur l’abattage total des troupeaux, sans alternatives suffisamment adaptées aux réalités du terrain.
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Dans les minutes qui suivent, Annie Genevard doit s’adresser aux médias. Un moment attendu. Aux abords de la préfecture, les agriculteurs vont s’implanter au compte-goutte pour envoyer un message à la ministre : ils ont la force pour tenir ce bras de fer.

