December 16, 2025

"C’était prémédité" : une plainte et une fermeture temporaire pour protéger le pont de Pavie vandalisé

l’essentiel
Neuf mois après sa réouverture, le vieux pont de Pavie (Gers), classé monument historique, a été la cible d’un acte de vandalisme commis dans la nuit du samedi 13 au dimanche 14 décembre. Des protections en béton ont été volontairement renversées, provoquant l’indignation de la municipalité qui a déposé plainte.

“C’est désolant”, s’accordent à commenter plusieurs automobilistes. Ces derniers avaient pris l’habitude de ralentir en empruntant le pont vieux gersois de Pavie. Ce lundi 15 décembre, certains ont été surpris à l’approche de l’édifice.

Neuf mois après sa réouverture, le monument emblématique de la commune gersoise a été la cible d’un acte de vandalisme.

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Dans la nuit de samedi à dimanche, les quatre buses en béton installées récemment pour protéger l’ouvrage ont été renversées volontairement. Une situation qui indigne le maire, Jean-Michel Blay, qui a d’ailleurs organisé une réunion d’urgence avec les services techniques en ce début de semaine.

Un acte délibéré

“C’est assez violent, je trouve. Il y a clairement une volonté de casser”, confie l’élu, encore marqué par la découverte des dégâts. Ces buses, pesant entre 800 et 900 kg chacune, avaient été mises en place pour empêcher le passage de poids lourds sur ce pont médiéval, classé monument historique depuis 1941, déjà fragilisé après un accident en août 2024.

Sur les quatre renversées, une seule pourrait éventuellement être réutilisée, les autres sont fracassées ; l’une d’elles a même fini dans la rivière Gers. “Ce ne sont pas des objets qu’on déplace par hasard. C’était prémédité”, insiste le maire.

Chaque dispositif pèse près de 900 kg.
Chaque dispositif pèse près de 900 kg.
DDM – SEBASTIEN LAPEYRERE

Pour les usagers de la route, le geste est incompréhensible. “Il y a beaucoup de jeunes qui font des conneries en ce moment”, souligne ce Pavien. Aujourd’hui, aucun élément ne permet d’identifier le ou les auteurs responsables.

De son côté, la gendarmerie du Gers n’établit aucun lien entre ces dégradations et la mobilisation des agriculteurs contre les abattages préventifs dans les élevages touchés par la dermatose nodulaire contagieuse (DNC).

Un patrimoine en danger

Au-delà de la casse matérielle, les conséquences sont lourdes. Sans ce dispositif de protection, le pont est de nouveau exposé au passage de camions guidés par leur GPS. “J’ai vu deux camions de 19 tonnes arriver devant le pont. Les chauffeurs m’ont dit : “C’est mon GPS”. Les panneaux, ils ne les voient même plus. On est guidés aveuglément aujourd’hui”, regrette Jean-Michel Blay.

Pour les automobilistes, la crainte d’une nouvelle fermeture pèse dans les esprits : “Heureusement que les feux fonctionnent toujours […] Déjà qu’on a subi la fermeture pendant sept mois, il manquerait plus que ça.”

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Pour la municipalité, la situation est d’autant plus incompréhensible que le rôle de ces buses avait été largement expliqué et compris par la population. “C’est un dispositif de protection de l’ouvrage. C’est comme si on défonçait la porte d’un édifice public. Là, c’est un monument historique en plein air”, explique le maire.

Un patrimoine qu’il estime d’ailleurs trop souvent perçu comme un simple pont routier. “On le voit parfois trop comme un axe de circulation et pas assez comme un monument historique. Ce vandalisme, c’est presque une injure faite à la population.”

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Une plainte a été déposée ce lundi et le pont sera fermé temporairement jusqu’à mercredi minimum, le temps de remettre en place les protections. Un imprévu qui vient s’ajouter à un vaste programme de travaux, estimé à 1,2 million d’euros, prévu à partir de fin 2027 pour une durée de quatre ans. “Le pont est fragilisé : il y a des fissures, des pierres sont tombées dans le Gers. On n’a plus le choix”, explique le maire.

En attendant un dispositif plus discret et permanent, la municipalité appelle au respect. “Ce n’est peut-être pas esthétique, mais au moins, ça protège l’ouvrage. Et aujourd’hui, c’est ce qui compte.”

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