Verbalisé le 13 novembre pour un dépassement de vitesse de 1 km/h, un Ariégeois de 57 ans ne décolère pas. Non pas pour une infraction qu’il reconnaît volontiers, mais pour ce qu’il estime être “la goutte de trop” envers “ceux qui contribuent à l’effort national”.
Mieux vaut l’écrire d’entrée : Philippe, un Ariégeois de 57 ans, ne conteste en rien l’infraction qui lui a valu de recevoir le 28 novembre une contravention de 45 euros pour un dépassement de vitesse… de 1 kilomètre-heure, constaté deux semaines plus tôt aux Pujols, non loin de Pamiers.

Des circonstances banales pour une infraction qui l’est tout autant et que commettent bien d’autres conducteurs. “Ça s’est passé le 13 novembre, à 7 h 27 sur la RD 119 au niveau de l’aérodrome des Pujols, rapporte le conducteur. Ça doit être un radar mobile qui m’a flashé, puisqu’on m’a retiré 10 km/h. La vitesse est limitée à 80 km/h, j’étais à 91 km/h, ils ont retenu 81 km/h.”
“Je suis un bon citoyen, c’est la loi, j’ai dépassé, bien sûr que je vais payer, reprend-il. Mais j’allais travailler, comme beaucoup de monde, c’est ça qui m’a choqué. Je trouve que c’est embêter des gens qui contribuent à l’effort national, alors qu’on n’est pas un délinquant de la route.” Et si Philippe ne tient pas à mettre en avant la question financière pour 45 euros d’amende, celle-ci n’est pas très loin. “Je suis en CDD depuis 4 ans, j’ai 1 500 euros de salaire, un 4×4 qui ne va pas très vite mais qui me coûte 300 euros de carburant par mois, détaille-t-il. Il n’y a pas de transports en commun, je n’ai pas le choix.”
Un courrier au président de la République
Tant et si bien que l’Ariégeois, sous le coup d’une colère qui ne retombe pas, a même envisagé de ne pas demander le renouvellement de son CDD, qui prendra fin en février 2026. “J’ai 57 ans, je commence à voir la sortie, alors c’est vrai que je me suis dit : “Je vais arrêter l’effort, je prendrai le chômage, comme ça, je ne me ferai plus flasher.” Ailleurs, à un autre moment, j’aurais assumé, c’est le fait d’avoir été pris alors que j’allais travailler qui ne passe pas.”
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Alors que l’Ariège dénombrait au 30 septembre 109 accidents de la route qui, selon les chiffres de la préfecture, ont occasionné 13 tués et 136 blessés, et que la RD 119 est connue comme une des voies accidentogènes du département, la mésaventure de Philippe lui servira-t-elle une leçon ?
“Non, du tout, tranche l’intéressé avec franchise, parce que je n’ai pas le sentiment d’être dangereux. Ils ont certainement pris des dizaines de personnes qui se rendaient au travail ce matin-là. Ce qui s’exprime derrière tout ça, c’est du ras-le-bol. C’est la goutte de trop.” Et d’annoncer : “Je vais faire un courrier au président de la République. Je veux qu’il entende qu’à un moment, il faut que l’effort soit fait dans les deux sens.”

