November 30, 2025

"Apprendre à vivre sans lui…" Un an après la mort de Mathias, 24 ans, dans un accident du travail, sa famille attend toujours des réponses

l’essentiel
L’accident du travail de Mathias laisse une famille sans réponses un an après. Les circonstances restent floues et une plainte pour homicide involontaire vise l’employeur.

Quand on lui demande comment elle va, un an après le dramatique accident qui a coûté la vie à Mathias, son fils de 24 ans, Nelly Cajado ne peut que répondre qu’elle “essaye d’avancer. Sans Mathias, c’est compliqué. C’est encore difficile à admettre. On essaye d’apprendre à vivre sans lui…”

“Il y a des non-dits”

Le 6 novembre 2024, Mathias, 24 ans, originaire de Labastide-Rouairoux, perdait la vie dans un accident du travail à Saïx, alors qu’il déchargeait du bois au domicile d’un particulier. Le drame s’est produit dans l’allée d’une maison située chemin des Amoureux. Ce chauffeur routier, employé depuis plusieurs mois par une entreprise intervenant sur le chantier de l’autoroute A69, déchargeait une cargaison de bois provenant du chantier. Atosca expliquait à l’époque qu'”une partie des matériaux non valorisables peut être ponctuellement et gracieusement cédée à des riverains quand ils peuvent être réutilisés à titre personnel.” Concrètement, il livrait un chargement de bois et de palettes usagées provenant du chantier. Ce sont les habitants de la maison qui avaient découvert Mathias inanimé, à côté de son camion. Il avait été touché à la tête, vraisemblablement par la benne de l’engin. Mais aujourd’hui encore, en l’absence de témoin, les circonstances exactes du drame demeurent imprécises.

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En décembre dernier, Nelly et son avocat, maître Jean-Baptiste Alary, ont déposé plainte pour homicide involontaire, contre l’employeur de Mathias. L’enquête est toujours en cours. Mais la mère et la sœur de Mathias refusent que le nom de leur proche disparu soit sali : “J’ai entendu que c’était la faute de Mathias ! On lui a demandé de décharger du bois, alors qu’il n’était pas formé pour ça !” Manon, la grande sœur, explique : “Nous voulons savoir ce qu’il s’est vraiment passé. Un an après, nous ne savons toujours pas comment c’est arrivé exactement. Il y a des non-dits, des mensonges…” Pour Nelly, “un accident peut arriver. Mais qu’on ne dise pas qu’il a fait n’importe quoi parce qu’il était pressé de finir sa journée. Il était 9 h du matin ! Il avait 24 ans, il a fait ce qu’on lui a dit de faire !” Nelly, la voix tremblante, conclut : “Mathias est toujours là. Je ne veux pas qu’on le salisse.”

Le volet judiciaire de l’affaire se poursuit donc, au moment où la FNATH, l’Association des accidentés de la vie, alerte sur les dernières statistiques concernant les accidents du travail en France dans le secteur privé : en 2024, 764 personnes sont mortes – 2 par jour ! – et 20 % de ces accidents sont survenus dans l’année suivant la prise de poste. Manque de prévention dans les entreprises ? La Fédération en appelle aux pouvoirs publics.

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