Le procès des chefs d’entreprise pro-A69, prévu ce mardi 25 novembre, accusés d’avoir mené une action en juin dernier contre des opposants à cette autoroute entre Castres et Toulouse, sera reporté. En cause, des problèmes d’effectifs au tribunal. Les prévenus qui voulaient laver leur honneur vont devoir attendre.
Ils espéraient être jugés pour pouvoir laver leur honneur. Car leurs avocats allaient plaider leur relaxe. Mais les cinq chefs d’entreprise tarnais pro-A69 qui devaient comparaître devant le tribunal correctionnel de Castres ce mardi 25 novembre pour avoir participé à une opération visant les soutiens aux opposants à cette autoroute entre Castres et Toulouse vont devoir prendre leur mal en patience.

Pour des problèmes d’effectifs, notamment au greffe du tribunal, la présidente et la procureure ont décidé de supprimer cette audience et de renvoyer les 15 dossiers prévus au rôle ce jour-là à une date ultérieure. L’audience permettra de donner un nouveau calendrier et de déterminer s’il y a lieu de prolonger le contrôle judiciaire qui est soumis aux prévenus depuis leur défèrement fin juillet, soit “une interdiction d’entrer en contact avec les victimes et une interdiction d’entrer en contact avec les coauteurs”.
Un traitement pénal que beaucoup ont jugé “disproportionné”
D’autant que Guy Bousquet, le seul mis en cause à s’être exprimé publiquement, conteste “l’intégralité des faits qui lui sont reprochés”. Le président de Via 81, figure majeure de ce collectif d’acteurs socio-économiques qui militent pour cette autoroute entre Castres et Toulouse depuis des années, affirme qu’il ne faisait pas partie des personnes qui, dans la nuit du 24 au 25 juin, ont accroché des panneaux à chaque rond-point entre Castres et Puylaurens. “Oui à l’A69, non aux voyous”, pouvait-on lire sur ces panneaux, ou encore la liste des “hébergeurs ou soutiens de voyous”, avec notamment les noms de personnes qui avaient fourni des terrains pour accueillir les différents rassemblements qui ont eu lieu depuis 2023. Les propriétés de certains d’entre eux avaient aussi été taguées cette nuit-là.
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Pourtant le 30 juillet, il faisait bien partie des cinq chefs d’entreprise placés en garde à vue durant 24 heures et, à l’issue de leurs auditions, tous renvoyés devant le tribunal pour “dégradations ou détérioration d’un bien d’autrui commis en réunion, divulgation d’informations personnelles permettant d’identifier ou de localiser une personne et exposant à un risque direct d’atteinte à la personne ou aux biens et association de malfaiteurs en vue de la préparation d’un délit puni d’au moins cinq ans d’emprisonnement”.
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Un traitement pénal que beaucoup ont jugé “disproportionné” pour une “simple pose de panneaux”. À commencer par le sénateur Philippe Folliot. “Pendant des mois, des individus n’ont pas arrêté de commettre des actions illégales”, rappelle Philippe Folliot en parlant des opposants à cette autoroute, qui ont “occupé des domaines privés ou publics, menacé des élus et des ouvriers du chantier, commis des violences contre les forces de l’ordre, attenté à la vie d’un gendarme, et détruit des biens sur le chantier et dans des entreprises”. “Et je constate que les réponses judiciaires ont été très molles à leur encontre. Nombre d’individus n’ont été condamnés qu’à des peines symboliques.”

