November 24, 2025

Quand un pot de sauce carbonara à la crème provoque la colère de l’Italie qui revendique "une bataille d’identité"

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La gastronomie italienne est en émoi. Une sauce carbonara controversée, contenant crème et pancetta, a suscité l’indignation du ministre italien de l’Agriculture.

Une atteinte au patrimoine culinaire italien au cœur d’une institution européenne ? Mardi 18 novembre, le ministre de l’Agriculture italien, en pleine déambulation dans la supérette installée au sein du Parlement européen, a fait une découverte qui a provoqué son indignation : une sauce carbonara contenant de la crème fraîche et de la pancetta. Or, la recette traditionnelle italienne exige impérativement de la bajoue de porc (guanciale), et jamais de crème. Une hérésie culinaire que le ministre n’a pas laissée passer. Un vrai “carbonaragate” !

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“J’ai demandé une enquête immédiate”

“C’est inacceptable de trouver ça ici, j’ai demandé une enquête immédiate”, s’est emporté le ministre Francesco Lollobrigida, membre du parti de Giorgia Meloni, sur Facebook. Il a aussitôt sommé l’institution bruxelloise de retirer cette sauce du supermarché. “Une véritable carbonara doit être préparée avec du guanciale, jamais avec de la pancetta, et certainement pas conditionnée en bocal”, a insisté par la suite son porte-parole.

Ce n’est pas la première fois que la gastronomie italienne est défendue bec et ongles. L’an dernier déjà, la marque agroalimentaire Heinz s’était attiré les foudres des Italiens en lançant des spaghettis carbonara… en boîte de conserve, un incident relayé à l’époque par Le Parisien. Il semble que cette nouvelle “fausse” carbonara ne passe pas mieux.

“Une pratique trompeuse”

Au-delà des ingrédients, c’est aussi la présence du drapeau tricolore sur le pot qui exaspère les Italiens. Avec ses couleurs vert-blanc-rouge, ce symbole laisse penser que le produit est authentiquement italien, alors qu’il est en réalité fabriqué à l’étranger. Une pratique semi-trompeuse qui respecte néanmoins la loi européenne : une petite mention sous le drapeau précise que seuls quelques ingrédients sont d’origine italienne.

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Pour autant, le parti Fratelli d’Italia ne souhaite pas en rester là. “L’utilisation inappropriée de symboles ou de références à l’italianité sur des produits qui ne proviennent pas d’Italie peut constituer une pratique trompeuse et donc être poursuivable”, a expliqué Carlo Fidanza, chef de la délégation au Parlement européen, cité par The Telegraph.

La protection de l’authenticité des produits italiens, a-t-il ajouté, “n’est pas seulement une bataille d’identité, mais une question de transparence et de protection des consommateurs”. Le ministre de l’Agriculture prévoit d’ailleurs de donner une suite politique à cet incident, en déposant un projet de loi devant le Parlement italien visant à lutter contre ces produits dits “italian sounding” (d’imitation italiens).

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