November 12, 2025

"On va perdre le charme des régions" : deux projets agrivoltaïques à Virac suscitent l’inquiétude des habitants

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Deux projets agrivoltaïques à Virac (Tarn) suscitent la méfiance des habitants. Deux sociétés envisagent, à ce stade, d’y installer 55 hectares de panneaux sur terres cultivées. Une nouvelle association redoute une dégradation des paysages et veut établir une liste complète des projets en cours sur le carmausin-ségala et dans le pays cordais.

Les habitants commencent à s’interroger sur les projets. À Virac (Tarn), commune de 252 habitants sur le plateau cordais, deux projets agrivoltaïques sont en cours d’étude dans le village. Ces deux projets sont portés par CalyWattSol, une société toulousaine, et Verso Energy, basée à Paris.

À ce stade, les études envisagent une implantation sur un total de 55 hectares – 30 pour le projet parisien, 25 pour le Toulousain – ce qui fait réagir sur la commune. “Certains de ces projets sont très proches des habitations”, relate Jérémy Blanc, qui pourrait voir des panneaux investir le champ proche de son domicile.

“On n’est pas contre les panneaux”

Face à ces projets, les habitants viennent tout juste de monter une association, “Protégeons le Ségala Cordais”. “L’association n’est pas contre les panneaux photovoltaïques, précise Jérémy Blanc, qui en est le président. Ce qui nous fait peur aujourd’hui, c’est, de par une prolifération de ces projets, une dégradation totale des paysages. S’il y a des centaines d’hectares dans le coin, on va perdre le charme des régions.”

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Implanté sur des cultures, le Viracois craint également une perte de rendement des champs tout autour. “L’État accepte une perte de 10 % sur les cultures. Mais l’INRAE démontre que si on dépasse un certain pourcentage d’occultation de la lumière avec les panneaux, la productivité des sols va énormément se dégrader.” À la place, l’association propose de lancer les études “sur des terrains déjà artificialisés, des parkings ou autre. Déployons déjà des panneaux sur ces zones-là, avant de les mettre en place sur des terres qui sont là pour nourrir la population.”

Recensement en cours

Face à ces projets et à leur multiplication, l’association s’est lancée dans le recensement “le plus détaillé possible” de ces projets, sur le secteur du Carmausin-Ségala et dans le pays cordais. “On a commencé à démarcher toutes les mairies du secteur pour avoir des échos de ces projets. Ça permettra de resituer l’état de l’agrivoltaïsme sur ce secteur-là.”

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En parallèle, d’autres associations du Tarn s’inquiètent également de la multiplication de ces projets. À Lisle-sur-Tarn, le collectif Protection Terre Lisloise alertait au printemps dernier sur l’implantation de trois projets aux alentours de la commune, dont l’un dispose déjà d’un permis de construire. À Fréjeville, c’est une association citoyenne qui bataille contre deux projets locaux.

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