Des véhicules de la Croix-Rouge, à Khan Younès, dans la bande de Gaza, le 14 octobre 2025. OMAR ASHTAWY/APAIMAGES/SIPA
Israël va autoriser ce mercredi 15 octobre la réouverture du point de passage de Rafah entre l’Egypte et la bande de Gaza pour permettre le transit d’aide humanitaire, rapporte un média israélien. Par ailleurs, trois des quatre dépouilles d’otages israéliens rendues mardi soir par le Hamas ont été identifiées, ont indiqué les familles après avoir eu confirmation de l’identification de leur proche par l’institut médico-légal national. On fait le point sur la situation.
• Réouverture du point de passage de Rafah
Israël s’apprête à autoriser ce mercredi la réouverture du point de passage de Rafah entre l’Egypte et la bande de Gaza, selon la radio-télévision publique israélienne KAN, pour permettre le passage de centaines de camions d’aide humanitaire.
Avec cette réouverture, « 600 camions d’aide humanitaire vont être acheminés [mercredi] dans la bande de Gaza par l’ONU, des organisations internationales agréées, le secteur privé et les pays donateurs », indique le média sur son site internet, sans citer de sources.
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Cette mesure, que les autorités israéliennes n’avaient pas confirmée mercredi matin, est réclamée à cor et à cri par l’ONU et les grandes ONG d’aide, alors que l’enclave palestinienne fait face à une crise humanitaire épouvantable plus de deux ans après le début de la guerre déclenchée le 7 octobre 2023 par l’attaque sans précédent du Hamas sur Israël. Fin août, les Nations unies ont déclaré des zones de famine dans le petit territoire côtier, ce que conteste l’Etat hébreu.
KAN précise que la réouverture de Rafah au passage de l’aide, décidée par « l’échelon politique », fait suite à la remise par le Hamas de quatre nouvelles dépouilles d’otages mardi soir dans le cadre de l’accord de cessez-le-feu avec Israël parrainé par le président américain Donald Trump.
• Le retour des dépouilles
L’accord prévoyait que le Hamas remette à Israël tous les otages encore détenus à Gaza, les vivants et les morts, dans un délai maximal de 72 heures après l’entrée en vigueur de la trêve, c’est-à-dire au plus tard à 9 heures GMT lundi. Mais si le mouvement islamiste palestinien a bien libéré dans les temps tous les otages encore vivants (soit 20 personnes), il n’avait remis à Israël mardi soir que huit dépouilles, dont quatre mardi soir, sur les 28 otages morts.
Trois des quatre dépouilles d’otages israéliens à Gaza rendues mardi soir par le Hamas ont été identifiées, ont indiqué mercredi matin les familles après avoir eu confirmation de l’identification de leur proche par l’institut médico-légal national.
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« C’est avec une immense tristesse et une immense douleur que nous annonçons le retour du corps de notre bien-aimé Ouriel Baruch de la bande de Gaza, après deux longues années de prières, d’espoir et de foi », a indiqué la famille de cet habitant de Jérusalem enlevé le 7 octobre 2023 au festival de musique Nova à l’âge de 35 ans.
Les proches de Tamir Nimrodi et Eitan Levy ont également annoncé leur retour en Israël. Chauffeur de taxi âgé de 53 ans, Eitan Levy avait été tué après avoir déposé une amie au kibboutz Beeri le matin de l’attaque du Hamas. Soldat âgé de 18 ans, Tamir Nimrodi avait lui été capturé dans une base militaire à la frontière de Gaza.
• Campagne de répression à Gaza
Depuis l’entrée en vigueur du cessez-le-feu vendredi, des journalistes de l’Agence France-Presse (AFP) ont vu les forces de sécurité du Hamas déployées dans plusieurs villes de la bande de Gaza.
Après plusieurs jours d’échauffourées, des témoins ont fait état mardi auprès de l’AFP d’« intenses » combats dans la ville de Gaza, dans le quartier de Choujaïya (est), opposant selon eux une unité affiliée au mouvement islamiste à des clans et gangs armés dont certains seraient soutenus par Israël.
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« Ce matin, pendant de longues heures, de violents affrontements ont opposé les forces de sécurité du Hamas et des membres de la famille Hilles », a témoigné un riverain, Mohammed, qui refuse de donner son patronyme pour des raisons de sécurité. La Force dissuasive, organe récemment créé au sein de l’appareil sécuritaire du Hamas, « mène une opération » pour « neutraliser des personnes recherchées », a indiqué à l’AFP une source sécuritaire palestinienne à Gaza. « Notre message est clair : il n’y aura pas de place pour les hors-la-loi ou ceux qui menacent la sécurité des citoyens. »
Le Hamas a publié une vidéo montrant ce qu’elle présente comme l’exécution de huit hommes « collaborateurs » d’Israël en pleine rue dans la ville de Gaza. L’AFP n’est pas en mesure de déterminer dans l’immédiat l’authenticité, la date de tournage ou le lieu.
• Trump promet de désarmer le Hamas
Ce cessez-le-feu a été initié par Donald Trump, dont le plan de paix en 20 points prévoit notamment dans une phase ultérieure le désarmement du Hamas et son exclusion de la gouvernance du territoire palestinien, où le mouvement a pris le pouvoir en 2007.
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Après la libération des otages, il nous faut obtenir « la démilitarisation et le désarmement » du Hamas, a souligné le Premier ministre israélien Benyamin Netanyahou mardi sur la chaîne CBS. « Premièrement, le Hamas doit rendre les armes et, deuxièmement, il faut s’assurer qu’il n’y a pas d’usines d’armes à Gaza. Il ne doit pas y avoir de trafic d’armes vers Gaza. C’est cela, la démilitarisation ».
Donald Trump a affirmé mardi que les Etats-Unis « désarmeront » le Hamas s’il ne le fait pas lui-même. « Cela se passera vite et peut-être violemment », a encore dit le président américain devant la presse à la Maison-Blanche.

