Par
Le Nouvel Obs avec AFP
Le dirigeant Kim Jong-un inspecte un navire de guerre, en Corée du Nord, le 18 août 2025, sur cette photo fournie par son gouvernement. AP/SIPA
Le dirigeant nord-coréen Kim Jong-un a appelé à l’« expansion rapide » des capacités nucléaires de son pays face aux manœuvres militaires conjointes des Etats-Unis et de la Corée du Sud. « Les liens militaires USA-Corée du Sud croissants et leur démonstration de force sont la manifestation la plus évidente de leur volonté de déclencher une guerre », a estimé Kim Jong-un, cité ce mardi 19 août par l’agence de presse officielle de Pyongyang, KCNA.
« La situation actuelle requiert que nous opérions un changement radical et rapide de la théorie et de la pratique militaires existantes ainsi qu’une expansion rapide de la nucléarisation », a ajouté le leader de la Corée du Nord, qui possède l’arme atomique.
Ses déclarations datent de lundi et de sa visite sur le destroyer de fabrication nationale « Choe Hyon », où il s’est dit satisfait que le développement du navire, pour en faire un bâtiment « high-tech avec de l’armement nucléaire », progresse « comme prévu ».
« Respecter » le Nord
De son côté, la Corée du Sud et son allié américain ont lancé lundi leurs exercices conjoints annuels, visant à améliorer leur coopération en cas de conflit avec le Nord. Ces manœuvres doivent durer onze jours et incluent « plusieurs entraînements de grande envergure à munitions réelles », a expliqué l’armée américaine, assurant qu’elles avaient une « vocation défensive ».
Le président sud-coréen Lee Jae-myung (centre gauche), élu début juin, avait promis vendredi de « respecter » le système politique nord-coréen et de construire une « confiance militaire » bilatérale. Le chef d’Etat a dit vouloir tendre la main à Pyongyang, arguant que, « quel qu’en soit le coût, la paix est préférable à la guerre », lors d’un événement marquant l’anniversaire de la Libération de la péninsule coréenne du joug colonial japonais. L’anniversaire de la Libération le 15 août est le seul jour férié célébré à la fois en Corée du Nord et en Corée du Sud.
A lire aussi
Récit
Assassins, jet-setters, rebelles… Qui sont les enfants de Vladimir Poutine, Saddam Hussein, Kim Jong-un ou Bachar al-Assad ?
« Aucune volonté d’améliorer les relations »
Lee Jae-myung souhaite un dialogue sans condition préalable, tranchant avec son prédécesseur conservateur qui maintenait une ligne dure. La Corée du Sud a par ailleurs retiré début août les haut-parleurs qui diffusaient de la K-pop et des bulletins d’information à la frontière, l’armée affirmant par la suite que le Nord était en train de faire de même. Cependant, l’influente sœur de Kim Jong-un, Kim Yo-jong, a démenti.
Dans son propre discours à l’occasion du jour de la Libération, le dirigeant nord-coréen, Kim Jong-un, avait appelé son pays à surmonter les « défis » auxquels il est confronté. Contrairement aux autres années toutefois, « il n’y a aucun message visant la Corée du Sud ou les Etats-Unis, aucune référence à des ennemis ou à des Etats hostiles, et aucune évocation provocatrice des forces nucléaires », avait relevé Yang Moo-jin, président l’University d’études nord-coréennes à Séoul, pour l’AFP. Jeudi, la sœur de Kim Jong-un, Kim Yo-jong, avait, elle, affirmé que Pyongyang n’avait « aucune volonté d’améliorer les relations » avec le Sud.