Des œufs venus d’Ukraine et suspectés de contenir des antibiotiques interdits se retrouvent dans les rayons français. Le CNPO dénonce un risque sanitaire et une concurrence déloyale, et appelle les autorités à agir sans délai.
L’importation d’œufs en provenance d’Ukraine inquiète le Comité national pour la promotion de l’œuf (CNPO). L’organisation tire la sonnette d’alarme face à l’arrivée massive de centaines de milliers d’unités “ne respectant pas les normes européennes de production”.
Depuis le printemps, plusieurs cargaisons étiquetées “code 3”, indiquant un élevage en cage, ont été repérées dans les rayons de la grande distribution. Un cas notable a été signalé dans un magasin Leclerc à Rouen, où environ 300 000 œufs ukrainiens ont été identifiés. L’enseigne a immédiatement évoqué une situation isolée.
En plus de conditions d’élevage non conformes, certains lots pourraient contenir des substances interdites, notamment des antibiotiques jugés dangereux pour la santé humaine.
“Concurrence déloyale”
Le CNPO affirme que des analyses réalisées en Slovaquie et en Pologne ont révélé la présence de résidus d’antibiotiques interdits, bien que ces contrôles n’aient pas été effectués sur le sol français. En parallèle, elle demande une réunion urgente avec les enseignes de la grande distribution afin de mettre fin à une situation qu’elle qualifie de “concurrence déloyale”.
Interrogée sur le sujet, la ministre de l’Agriculture a exhorté les distributeurs à faire preuve d’exemplarité. Elle a aussi invité les consommateurs à privilégier les œufs produits en France, tout en s’engageant à porter le sujet à Bruxelles pour exiger un encadrement plus strict des importations.