Comme ces dernières années, les vendanges débutent avec plusieurs semaines d’avance, conséquence directe des fortes chaleurs et de la sécheresse. Entre baisse de rendement, nouvelles pratiques agricoles et espoirs placés dans la pluie, les viticulteurs s’organisent pour préserver la qualité du vin.
C’est presque devenu une habitude. Cette année encore, les vendanges vont commencer avec quelques semaines d’avance. Pas de quoi surprendre les vignerons qui, pour la plupart, s’y attendent.
Pour le blanc, certains ont déjà commencé. “Moi, je vais démarrer début septembre. C’est mûr, ça ne sert à rien d’attendre plus longtemps”, assure Emmanuel Rybinski, viticulteur au Clos Troteligotte, à Villesèque.
Une quinzaine de jours d’avance pour le rouge
Pour le rouge, rien d’inattendu non plus. Les vignerons vont commencer à vendanger d’ici le 15 septembre, soit une quinzaine de jours d’avance. Mais cela fait quelques années que les vendanges sont précoces. Notamment à cause de la sécheresse. Avec les fortes températures, le raisin a tendance à devenir sec. Il va donc donner moins de jus. Et qui dit moins de jus, dit moins de rendement. “Il y a eu beaucoup de chaleur et de soleil, notamment en août. On a aussi eu un fort épisode de grêle. Sans parler des chevreuils ou sangliers… Tout ça, ça impacte fortement les vignes. Il y a des endroits où on a perdu 20 à 30 %”, regrette le vigneron. Il poursuit : “Si tout allait bien, et qu’il n’y avait aucun aléa, je serais à 50 hectolitres par hectare. Là, on ne dépassera pas les 30/35”.
Emmanuel a d’ailleurs lancé un gros projet d’agroforesterie sur son exploitation il y a cinq ans. Ce qui signifie : des arbres et des haies en plein milieu des vignes, et des pieds plantés dans la forêt. “Cela permet de pallier la chaleur, et on commence à voir les effets. Les arbres, même s’ils ne font encore que trois ou quatre mètres, protègent les plantes des rayons du soleil”. Ce dernier a également planté des cépages plus résistants.
La pluie est la bienvenue
En tout cas, pour cette année, les viticulteurs lèvent les yeux vers le ciel, et regardent la pluie tomber. Avec un sourire. “Les plantes manquent un peu d’eau. Ce qu’on espère, c’est que la pluie prévue permette aux raisins de continuer à grossir jusqu’au bout. Ça évite également beaucoup de stress à la plante. Et si, arrivé à l’hiver, elle n’a pas pu faire des réserves d’eau, elle commencera l’année d’après avec des carences, ce n’est pas bon”, indique celui qui possède 16 hectares à Villesèque. Sébastien Sigaud, président de l’Union Interprofessionnelle des Vins de Cahors et Côtes du Lot, complète : “Il ne faut pas non plus que les plantes subissent un trop gros stress hydrique, même s’il n’y a plus de risques de maladies (comme le mildiou – NDLR). Les plantes sont plutôt saines. S’il pleut pendant les vendanges, ça va compliquer le travail car on ne peut pas intervenir mais c’est tout”.

Une question reste en suspens : cela va-t-il être une bonne récolte ? “Tout se joue sur les 15 derniers jours”, confie Emmanuel Rybinski. Le président de l’union interprofessionnelle, lui, se montre positif : “Le raisin s’annonce de bonne qualité. Ça va être une belle saison pour faire du vin. On en a besoin, la profession a beaucoup souffert ces derniers temps. Il faut retrouver le sourire. Travailler dans les vignes sans faire de vin, c’est frustrant. On a besoin d’une bonne année”. Alors espérons que la pluie vienne donner un dernier coup de pouce aux viticulteurs pour produire du vin de qualité.