Pour son baptême à Pierre-Fabre ce samedi 29 novembre contre l’Usap, Veresa Ramototabua a inscrit son premier essai avec le CO, qu’il a rejoint cet été. Un joueur qui a tous les arguments pour se faire une place de choix dans le club.
Ses premiers pas étaient attendus, mais ils furent discrets. C’était à Clermont fin octobre, au cours d’une rencontre dans laquelle les Castrais avaient explosé (14-63). Briller dans une équipe ayant baissé les bras est délicat. Prendre la lumière dans une formation avec le mors aux dents s’avère plus aisé. Alors le Fidjien, arrivé d’Oyonnax durant l’été, avait pu faire étalage de ses qualités à Deflandre la semaine dernière. “Il est rentré en cours de jeu (à la 59e minute) et il a sorti je ne sais combien de plaquages. Tu voyais vraiment qu’il avait envie de jouer pour nous et avec nous”, apprécie le troisième ligne castrais Baptiste Delaporte.

Ce samedi 29 novembre, le Labruguiérois a de nouveau partagé des minutes avec Veresa Ramototabua, titularisé en numéro 8 lors de la victoire contre Perpignan (23-7). Et qui fêtait sa première devant le public de Pierre-Fabre. Ce baptême, le joueur de 25 ans l’a réussi, se payant le luxe d’inscrire un essai, celui de l’égalisation (7-7, 31), en force bien sûr, un de ses principaux atouts. “C’est un peu un mix d’Abraham Papali’i et de Feibyan Tukino, décrypte le manager tarnais Xavier Sadourny. Il dispose des qualités de vitesse du petit Feibyan, et celles de puissance d’Abraham. Même si, bon, Papali’i a mis la barre très très haut (rires).”
Encore une marge de progression
Contre l’USAP, l’ancien joueur de Mont-de-Marsan (1m95 ; 107 kg) a souvent été utilisé en premier attaquant afin de créer des points de fixation. Servi lancé, il a fait reculer les défenseurs catalans, contraints de se mettre à deux ou trois sur lui pour l’amener au sol le plus rapidement possible. Touché en février à un genou (rupture du ligament croisé antérieur) avec Oyo, le Fidjien a été éloigné des terrains durant huit mois et n’a finalement pas énormément de vécu dans le groupe castrais. “Il a encore besoin d’enchaîner les rencontres, de s’approprier aussi un peu plus le projet de jeu. Aujourd’hui (ce samedi), on a senti qu’il voulait surtout bien faire”, relève Sadourny.
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Loué pour son engagement à l’entraînement comme en match, “toujours à mettre énormément d’énergie dans tout ce qu’il fait” dixit Delaporte, ce gros plaqueur, capable d’évoluer en flanker, possède en prime le statut de Jiff, “ce qui est précieux dans une saison” fait remarquer le manager. Lui qui découvre réellement le Top 14 cette saison – il avait disputé une rencontre avec le Stade Français en octobre 2023 avant de rejoindre les Landes –, tient dans ses mains, à en croire l’Auvergnat, les cartes pour devenir “la coqueluche de Pierre-Fabre”.
En sus d’une marge de progression substantielle. “Il faut qu’il arrive à trier un peu plus ses ballons, savoir s’il doit le garder ou jouer autour de lui, à avoir aussi des attitudes plus basses, analyse Xavier Sadourny. Avec cette énergie débordante, il a tendance à se jeter en défense, à rater les premiers plaquages. Mais il peut vraiment être un de nos fers de lance prochainement.” Pour faire rugir Pierre-Fabre.

